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Tribune sur le harcèlement: "Ce n'était pas du tout une opposition au #MeToo"

Invitée ce mardi chez les GG, la féministe Peggy Sastre est revenue sur la tribune sur le harcèlement qu'elle avait signée en janvier. Une tribune défendant la "liberté d'importuner" qui avait fait naître une vive polémique.

Que reste-t-il de la tribune sur la "liberté d'importuner" signée par 100 femmes –dont Catherine Deneuve- il y a un mois? Peggy Sastre, féministe et signataire de la tribune ne "regrette pas" d'avoir signé ce texte: "Ce qu'il en reste c'est un mouvement de libération d'une autre parole contre un monolithisme qui relevait davantage d'une sorte de chantage affectif que d'un véritable unanimisme du débat et je suis tout à fait contente. Même des attaques car elles justifient ce texte. Le mouvement continue. Nous recevons du soutien tous les jours. Je pense que nous avons réussi à libérer une autre parole", se félicite-t-elle.

"J'avais l'impression d'être un journaliste algérien pendant les années noires"

La jeune femme dit avoir reçu de nombreuses menaces: "Moi, quand je voyais le genre de message que je recevais les premiers jours, j'avais vraiment l'impression d'être un journaliste algérien pendant les années noires. Ça montre la pesanteur de la discussion sur tout cet amalgame sur les violences sexuelles et la drague lourde ou la drague tout court".

Et si le texte avait provoqué la colère de nombreuses féministes, elle estime que la tribune n'était pas une opposition au mouvement #MeToo: "Le mouvement #MeToo et la tribune sont complémentaires. Ce n'était pas du tout une opposition au #MeToo c'était une mise en garde contre ce genre de mouvement. C'est ce qu'on voit aujourd'hui avec l'affaire Hulot où on voit Caroline de Haas sur un plateau de télé qui raconte qu'une amie lui a dit que peut-être il avait été accusé alors qu'il n'y a rien dans le dossier!".

P.B.