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"Un glissement nauséabond": les "Grandes Gueules" outrées par l'association entre "singe" et "nègre" de Nicolas Sarkozy

Les propos de Nicolas Sarkozy ne passent toujours pas. À l'unisson, les "Grandes Gueules" déplorent des mots nauséabonds et à bannir.

Invité de l'émission Quotidien sur TMC jeudi soir, Nicolas Sarkozy a provoqué l'ire de la gauche et des internautes en associant les mots "singes" et "nègres".

"Il y a cette volonté des élites, qui se pincent le nez, qui sont comme les singes qui n'écoutent personne. Je ne sais plus, on a le droit de dire 'singe' ? Parce qu'on n'a plus le droit de dire les, "Les dix petits nègres", on dit "Les dix petits soldats maintenant ? Elle progresse la société", a-t-il lancé en faisant référence au roman policier d'Agatha Christie, "Ils étaient dix", anciennement titré "Les dix petits nègres".

"S’il aime les mots il ferait bien de les choisir dans ce cas-là, C’est quand même un ancien président de la République il représente quelque chose et fait ce glissement nauséabond de singe à noir", déplore ce vendredi sur le plateau des "Grandes Gueules" Isabelle Saporta.

"On est dans un moment critique de notre République où les communautarismes se renforcent. On ne s’occupe pas des banlieues on ne met pas d’argent dedans et on a un ancien président de la République qui pointe du doigt les noirs et les réduit à des singes ? Où est-on c’est quoi la responsabilité publique de cet homme-là ?", ajoute-t-elle.

"Il est dans un état étonnant"

Un avis partagé par Gilles Raveaud:

"On a l’impression qu’il est dans un état étonnant. Je pense qu’il fait référence au trois singes qui se cache les yeux, les oreilles, et la bouche. Ce qu’il ne sait pas c’est que l’édition anglophone du livre a changé de nom du vivant de l’auteur, on est dans un pays qui est en train de craquer et on a un ancien président qui fait ça à la télé, mais où va-t-on?", s'interroge l'économiste.

De son côté, Zohra Bitan s'étonne aussi de l'état de l'ancien président de la République et déplore sa sortie tout en balayant d'un revers de la main les accusations de racisme contre Nicolas Sarkozy:"Le président de la République a tenu des propos inacceptables mais on ne peut pas mettre d’étiquette du racisme n’importe où a tout va. Cependant je ne sais vraiment pas dans quel état il était hier parce que l’on a pas tout compris".

"Il faut jeter à la poubelle les mots comme "nègre" et je suis d’accord avec cette génération qui veut rendre plus respectueux et plus digne la manière de nommer les gens", conclu-t-elle.

Les réactions politiques n'ont également pas tardé, notamment à gauche. Audrey Pulvar, adjointe à la maire de Paris a dénoncé "du pur et profond racisme, décomplexé, naturel". Aurélien Taché ancien député de la majorité aujourd'hui dans les rangs d'Ecologie Démocratie Solidarité a déploré un énième dérapage: "Lier insécurité et immigration est raciste. C'est tout".

G.D.