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"Un obus tombait toutes les 30 secondes": la reporter Martine Laroche-Joubert, raconte sa peur lors du siège de Sarajevo

La journaliste estime que ce conflit l'a profondément marqué. Elle se remémore notamment sa première nuit où elle a eu peur de ne plus revoir ses enfants.

Pendant près de 40 ans, elle a traversé le globe pour couvrir des conflits. La reporter de guerre Martine Laroche-Joubert publie ses mémoires intitulées Une femme au front. Dans son livre, la journaliste évoque les différents conflits qu’elle a eu à couvrir et comment la peur fait partie du quotidien. 

Invitée du Grand Oral des Grandes Gueules, elle raconte notamment la fois où elle s’est rendue à Sarajevo en juin 1992 pendant le Siège de Sarajevo.

"La première nuit que j’ai passée là-bas, on était chez des gens, et franchement un obus tombait toutes les 30 secondes. C’était quelque chose d’effrayant. Évidemment, je n’arrivais pas à dormir, et là, j’ai eu peur de ne pas revoir mes enfants. J’ai eu peur d’avoir franchi une limite. Et le lendemain matin, il y avait une jeune femme qui avait réussi à briser le blocus, et je lui ai dit, ‘tu sais là, c’est trop pour moi. J’ai des enfants, et là, c’est trop pour moi’. Elle m’a regardé dans les yeux et m’a dit ‘tu ne peux pas partir, tu n’as encore rien vu’", raconte la reporter. 

Elle affirme que de tous les conflits qu’elle a couverts, celui de Sarajevo est celui qui l’a le plus marqué.

"J’ai vu la sauvagerie à l’état pur, j’ai vu un siège moyenâgeux. Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité, la population était affamée. Et quand j’ai vu ça, j’ai imaginé que le choc serait très fort en Europe et que les politiques allaient se débrouiller pour arrêter ça. Mais non pas du tout, il aura fallu attendre trois ans", explique-t-elle. 

Guillaume Descours