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Une académicienne dénonce le mépris de classe envers les "gilets jaunes"

Dans son livre Jojo le gilet jaune, l'académicienne Danièle Sallenave dénonce la condescendance du monde politique et médiatique envers les "gilets jaunes".

Elle est normalienne, académicienne et… "gilet jaune". Et a d'ailleurs décidé de dénoncer la suffisance politique et médiatique à l'égard des "gilets jaunes" dans son livre Jojo le gilet jaune. La petite phrase qui a décidé Danièle Sallenave à monter au créneau, c'est celle d'Emmanuel Macron. En début d'année, le chef de l'Etat avait ironisé sur "Jojo avec un gilet jaune" qui "a le même statut qu'un ministre".

"Mon sang républicain n'a fait qu'un tour: quelle est la différence entre Jojo le gilet jaune et un ministre? Je me suis dit qu'il fallait que je m'explique là-dessus. Il y a du mépris là-dedans", a expliqué Danièle Sallenave chez les GG.

"J'ai profité de l'élitisme républicain"

Selon cette "Immortelle", la classe politique oublie trop souvent d'où elle vient:

"J'ai profité de quelque chose qui s'appelait l'élitisme républicain. Mes parents étaient instituteurs, mes grands-parents étaient vignerons dans la campagne angevine, donc il y avait cette espèce de chemin que l'on parcoure. Aujourd'hui j'ai l'impression que ceux qui parcourent ce chemin, une fois qu'ils sont arrivés, ils regardent avec condescendance, avec distance, parfois avec un peu de mépris ceux qui étaient comme leurs parents ou leurs grands-parents. Et ça je n'ai pas supporté. Je l'ai ressenti vivement".
Paulina Benavente