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Utilisation du 49-3: les frondeurs "sont dans la tactique, ils se préparent derrière Montebourg"

Le sénateur-maire PS d'Alfortville Luc Carvounas, invité du Conseil des Grandes Gueules mercredi a déploré le blocage d'une "minorité" contre la loi Travail, qui a conduit le gouvernement à annoncer l'utilisation du 49-3, alors que des frondeurs cherchent à déposer une motion de censure.

Le 49-3 était pour Luc Carvounas, la seule option du gouvernement. Le sénateur-maire PS d'Alfortville, proche de Manuel Valls, déplore que les frondeurs l'aient conduit à utiliser l'article pour faire adopter la loi Travail.

"Il y a 245 députés qui sont prêts à voter le texte qui a été construit sur la base d'un dialogue et d'un compromis et il y a une minorité de blocage, une quarantaine, qui a décidé malgré toutes les concessions de ne pas l'accepter, parce qu'ils sont dans autre chose", regrette-t-il dans le Conseil des Grandes Gueules. Selon lui, les frondeurs jouent à un jeu dangereux avec ce blocage destiné à préparer l'après François Hollande.

"Pour eux François Hollande a déjà perdu l'élection présidentielle, et ils préparent la construction d'une autre gauche. Sauf qu'à mes yeux, dans l'histoire de la Ve République, il n'y a pas deux gauches mais il y a une autre droite qui est extrêmement conservatrice et qui va se préparer à prendre le pouvoir", craint Luc Carvounas. 

"Ils demandent une primaire pour sortir le président"

Au lendemain de l'annonce du gouvernement d'avoir recours au 49-3, le chef de file des frondeurs Christian Paul a fait part de son intention de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Une idée qui fait sourire Luc Carvounas, "Christian Paul devrait envoyer son CV à Alain Juppé", ironiste-t-il. Pour le sénateur, les frondeurs préparent en fait le retour de l'ancien ministre de François Hollande, Arnaud Montebourg.

"C'est de la gesticulation politique, c'est de la tactique. C'est des gens qui ne sont pas dans l'action, qui ne font pas de propositions et qui se préparent derrière Arnaud Montebourg à faire une forme de campagne. Depuis le départ, ils demandent une primaire, pas pour investir François Hollande, mais pour sortir le président de la République", estime-t-il. Les frondeurs cherchent aussi selon lui à "taper Manuel Valls". 

C. B