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Voile: "De l'autre côté de la Manche on peut être serveuse ou vendre des vêtements en portant un foulard"

Une tribune signée par un collectif de femmes musulmanes européennes affirme que "l'interdiction de signes ou vêtements religieux dans l'emploi ou le secteur public constitue une discrimination". Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice, est co-signataire, et justifie cette initiative dans les GG.

"L'interdiction de signes ou vêtements religieux dans l'emploi ou le secteur public constitue une discrimination, une exclusion plutôt qu'une inclusion". C'est ce que stipule une tribune publiée le 2 août par La Libre Belgique et signée par un collectif de femmes musulmanes européennes.

"Pour que les droits humains des musulmanes soient respectés"

Rokhaya Diallo, qui est journaliste et réalisatrice, fait partie des signataires de cette tribune. Elle explique au micro des Grandes Gueules le contenu de celle-ci.

"C’est une tribune européenne, et qui questionne les principes de non discrimination au niveau européen. Il ne faut vraiment pas la lire sous un prisme français, mais sous un prisme qui est supra-national", précise-t-elle. "Ce que je veux rappeler, et qui est très clair dans la tribune, c’est que la neutralité est un principe clé qu’il n’est absolument pas question de remettre en cause.
Lorsque qu’on parle des droits des musulmanes, il ne s’agit pas de droits spécifiques pour les femmes musulmanes. C’est simplement que leurs droits humains, le droit à travailler, le droit à ne pas être discriminé, soient respectés, tout simplement. C’est une tribune qui questionne la place des femmes européennes musulmanes qui font le choix de porter le foulard dans les sphères de travail en Europe", ajoute-t-elle.

"C'est sur les représentations qu'il faut agir"

Elle est ensuite revenue plus en détail sur les revendications de ce groupe de femmes.

"Aujourd’hui en France la loi autorise les femmes qui portent le foulard à travailler dans une entreprise privée. Hors ce que l’on constate sur le terrain c’est qu’il y a de nombreuses discriminations qui n’ont pas de fondement légal", rapporte-t-elle.
"Beaucoup d’employeurs pensent qu’ils ont le droit de discriminer les femmes alors qu’elles portent un foulard, alors que ce n’est pas le cas. Il suffit de traverser la Manche pour voir qu’on peut être serveuse, vendre des vêtements en portant un foulard, qu’il n’y a pas d’incompatibilité. Donc on voit bien que ce sont sur les représentations qu’il faut agir", conclut-elle.
Les GG