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Mélissa Plaza, ex-footballeuse pro: "J'ai toujours su que le ballon rond serait mon chemin de résilience"

L'ancienne footballeuse professionnelle Mélissa Plaza était l'invitée de Marie Dupin ce mercredi. Elle sort un livre intitulé Pas pour les filles?

Le foot a toujours été une évidence pour Mélissa Plaza. Dès son plus jeune âge, le ballon rond la fascine. Et lui permet surtout de s'évader d'un quotidien difficile. Battue par sa mère et par son beau-père, violée par le fils de sa nounou, Mélissa Plaza s'accroche au foot: "Je le dis très clairement, le foot m'a sauvé la vie, c'est certain. Depuis toute petite, je me suis accrochée à cette passion et j'ai su que c'était mon unique porte de secours.(..) Ça me permettait de sortir cette colère, de l'exprimer, de me fatiguer et de rentrer chez moi épuisée et c'était plus facile pour moi".

Et si le foot n'est pas une évidence pour ses proches, elle persiste: "Mes parents ont essayé de me faire faire du patinage artistique, je n'ai pas tenu 5 minutes. J'étais en terrain hostile. Mais je n'en démordais pas, je disais à qui voulait l'entendre que je serai footballeuse professionnelle et ce, dès mon plus jeune âge. J'ai toujours su que le ballon rond serait mon chemin de résilience".

Premier contrat pro: 400 euros bruts par mois

La jeune fille commence sa carrière professionnelle à 15 ans à l'ESOFV La Roche-sur-Yon. Puis ce sera l'équipe de France des moins de 20 ans au Mondial 2008, Montpellier en 2009 et l'Olympique Lyonnais en 2013. Footballeuse pro certes, mais précaire: "Le premier contrat pro que je signe, c'est 400 euros bruts par mois. A l'OL, c'était 1.500 euros bruts par mois, j'étais la moins bien payée".

Aujourd'hui, peu de choses ont changé juge-t-elle: "On a un championnat à deux vitesses aujourd'hui. Il y a 3-4 clubs qui paient correctement leurs joueuses et le reste c'est sauve-qui-peut. Elles sont obligées d'avoir un travail d'appoint mais même avec un métier, elles peinent à gagner un Smic par mois".

Elle a aujourd'hui raccroché les crampons. Titulaire d'un doctorat en psychologie du sport, elle s'intéresse particulièrement au genre et aux stéréotypes sexués dans le sport. Et espère faire avancer le sport féminin: "Toutes les places ont été vendues pour les demi-finales du Mondial féminin. J'espère qu'on va surfer sur l'engouement créé par les garçons l'an dernier et qu'on pourra poursuivre la fête tous ensemble quand on aura remporté le titre".

Paulina Benavente