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A chaque fois que Dieu intervient dans le débat politique, ça vire à la catastrophe

Le président François Hollande et Manuel Valls (à gauche), adressent leurs vœux de bonne année aux représentants des cultes en France (chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes), le 8 janvier 2013. (Photo d'illustration)

Le président François Hollande et Manuel Valls (à gauche), adressent leurs vœux de bonne année aux représentants des cultes en France (chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes), le 8 janvier 2013. (Photo d'illustration) - Jacques Brinon - AFP

Philippe David, entrepreneur et essayiste, est venu présenter son livre Virons Dieu du débat politique ce vendredi dans Carrément Brunet, sur RMC. Il explique comment, malgré la laïcité, le fait religieux s'invite régulièrement dans le débat politique.

Ce n'est pas parce que nous sommes dans un pays laïque que l'on ne parle pas de Dieu. On en parle même beaucoup. Beaucoup trop, selon Philippe David, entrepreneur et essayiste, invité ce vendredi chez Eric Brunet, qui estime qu'il faut carrément "virer Dieu du débat politique" (son livre Virons Dieu du débat politique est paru chez Fauves éditions).

"En France, le retour de la religion dans la politique se fait à travers les attaques contre la laïcité, explique Philippe David sur RMC. Attaques qui viennent de tous les côtés et pour lesquelles toutes les religions s'associent, comme on l'a vu avec le Mariage pour tous contre le mariage homosexuel". L'essayiste cite également le débat sur l'euthanasie. "Quand on veut faire une loi sur la fin de vie, tous les lobbies religieux viennent les uns après les autres pour dire qu'il ne faut rien faire. Mais attendez, on est dans un état laïque !". Selon lui, "à chaque fois que Dieu intervient dans le débat politique, ça vire à la catastrophe"

"Du communautarisme à Paris comme à Béziers"

S'il affirme que la religion était absente du fait politique en France de la fin de la seconde guerre mondiale aux années 2000, Philippe David estime que le communautarisme "qui est en train de monter" provoque un retour fracassant du fait religieux dans la politique. "Je vous donne un exemple : quand la mairie de Paris fête la fin du ramadan, mais qu'elle ne fait rien pour le carême, ça s'appelle du communautarisme. Et quand à la mairie de Béziers, on installe une crèche et un chandelier à sept branches pour Yom Kippour, mais qu'on ne fait rien pour l'Aïd, ça s'appelle aussi du communautarisme et de la discrimination, explique Philippe David. Le problème c'est que, soit on le fait pour toutes les religions, soit on ne le fait pour aucune. Mais comme il y a trop de religions, la laïcité implique que l'on ne fasse rien pour aucune".

"Tout a basculé en 1979"

Comment en est-on arrivé là ? L'essayiste avance que "tout a basculé en 1979". "Parce que c'est l'année qui marque le retour de la religion dans deux pays : l'Iran et l'Afghanistan. L'ayatollah Khomeini revient en Iran et impose le chiisme comme religion d’État. Et fin, 1979, en Afghanistan, un régime islamiste, sunnite cette fois, arrive au pouvoir".

Mais il n'y a pas que l'islam a avoir fait son retour dans la politique. "L'arrivée au pouvoir de Georges W. Bush aux États-Unis en 2000, marque aussi le retour de la chrétienté politique. Georges W. Bush faisait quand même faire des prières avant le conseil des ministres".

Philippe Gril avec Eric Brunet