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Drones de surveillance à Asnières: une "question d'efficacité", plaide Aeschlimann

Le maire LR d'Asnières (Hauts-de-Seine), ce jeudi dans "Radio Brunet".

Le maire LR d'Asnières (Hauts-de-Seine), ce jeudi dans "Radio Brunet". - RMC

RADIO BRUNET – Le maire LR d'Asnières va soumettre à l'Etat la proposition d'installer un système de vidéo-surveillance par drones dans les rues de sa commune. Une idée qui suscite les vives inquiétudes de la Ligue des droits de l'Homme.

"Il faut aller plus loin". Le maire LR d'Asnières (Hauts-de-Seine), qui a déjà installé une soixantaine de caméras de vidéo-surveillance dans les rues de sa ville, envisage d'acquérir des drones, pour compléter son dispositif. Pour Manuel Aeschlimann, "la limite de l'exercice, c'est la fixité des caméras de vidéo-surveillance".

"On se rend compte que, sauf à doter chaque coin de rue de vidéoprotection - c'est matériellement pas faisable - on doit se tourner vers des moyens de vidéo-protection mobile. Et pour ça, les drones sont les outils techniques les plus adaptés", explique-t-il ce jeudi dans "Radio Brunet" sur RMC.

"C'est une question de bon sens et d'efficacité. La lutte contre la délinquance au niveau local ne doit pas être marquée par l'idéologie. La présence humaine est limitée nécessairement, l'Etat manque de moyens. C'est un outil supplémentaire", estime le maire d'Asnières, en fonction depuis juin 2015. "Ça permet d'aller au cœur des cités, de prendre en faute un certain nombre d'attroupements qui se mettent dans des coins, des recoins", développe l'édile. 

"On est au-delà des fantasmes d'Orwell", s'alarme la LDH

Un concept de "surveillance généralisée" qui fait frémir maître Henri Leclerc, président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme : "on est au-delà des fantasmes d'Orwell [auteur du célèbre roman d'anticipation '1984']", s'alarme-t-il ce jeudi sur RMC.

"Bien au-delà de la caméra de surveillance, nous sommes dans une surveillance aléatoire, invisible, qui passe partout, qui surveille tout", s'inquiète le ténor du barreau sur notre antenne. "C'est une atteinte totale et aléatoire à la vie privée", juge-t-il.

"Nous entrons dans une société qui est une surveillance généralisée, où tout individu doit s'exposer en permanence aux autorités pour savoir ce qu'il fait", ajoute-t-il, redoutant qu'un tel pouvoir ne tombe entre de mauvaises mains. "Ce n'est pas le maire qui peut avoir un tel pouvoir. Nous sommes directement dans un pouvoir judiciaire", souligne-t-il.

Aeschlimann propose un "contrôle strict"

Une inquiétude que Manuel Aeschlimann balaie d'un revers de la main. Pour lui, un tel système ne constituerait pas une "atteinte aux libertés individuelles, pas plus que les caméras actuelles".

"Le logiciel qui serait mis sur la vidéo-protection du drone serait aussi prévu pour ne filmer que la voie publique et non pas les personnes dans leur vie privée. Ce n'est pas Google Maps", compare-t-il, plaidant pour la mise en place d'un "contrôle aussi strict que celui prévu en matière de vidéoprotection fixe".

Le maire d’Asnières entend soumettre son projet au préfet des Hauts-de-Seine d'ici la fin septembre, et espère que les candidats à l'élection présidentielle s'empareront du débat pendant la campagne.

C. P.