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Le burkini, signe de modernité des musulmanes? "Je veux allier ma foi avec les loisirs de notre temps"

Karima, auditrice de RMC a défendu dans Radio Brunet mardi son choix de porter le burkini, un maillot de bain couvrant jusqu'aux cheveux, désormais interdit sur certaines plages. Pour elle, cette tenue est une liberté qui lui permet de respecter sa foi et d'affirmer sa modernité.

Karima, musulmane de 30 ans a adopté le burkini. "Je suis adepte du burkini, j'en ai un, je l'utilise", explique-t-elle mardi dans Radio Brunet déplorant les polémiques autour de ce maillot de bain intégral pour "trois femmes qui portent le burkini sur la plage". Si elle n'aime pas trop le nom de ce maillot de bain "qui fait penser à la burqa", il n'a selon elle rien à voir.

"Je veux allier ma foi avec les loisirs de notre temps. Je n'ai pas envie de me couper du monde, déjà qu'on nous coupe assez du monde comme ça. J'ai envie de profiter des loisirs comme tout le monde, de me baigner", poursuit-elle. 

Une façon pour elle d'être moderne tout en respectant la pudeur qu'elle tient à respecter dans le cadre de sa foi. Le burkini serait-il finalement un signe de modernité? C'est la théorie du politologue et spécialiste de l'islam Olivier Roy. Dans un entretien à FranceTV info, il estime que cette tenue n'est pas forcément régressive pour la femme musulmane, au contraire. "Ces femmes sont dans l'invention d'un compromis entre leur modernité et leur foi", explique-t-il. Le burkini serait d'ailleurs selon lui "l'exemple même de la gentrification de la pratique religieuse musulmane dans l'espace occidental" et "symboliquement lié à l'ascension sociale" de ces musulmanes.

Interdire le burkini pour "éviter un prosélytisme"

Une vision des choses dans laquelle se retrouve Karima mais que ne partage pas Lionnel Luca, le député-maire (LR) de Villeneuve-Loubet. Ce dernier a décidé dans un arrêté d'interdire le burkini sur les plages de sa commune.

"Cette présence a dérangé nos concitoyens qui se baignaient et qui trouvaient assez bizarre d'avoir une tenue spécifique quelques temps après les attentats que nous avons vécu à Nice", justifie-t-il sur RMC.

Cet arrêtait visait selon lui à éviter les risques d'affrontements sur les plages mais aussi à "éviter un prosélytisme qui aurait pu développer le phénomène". Un argument que ne comprend pas Karima qui interpelle Lionnel Luca.

"La dame qui est venue se baigner avec ses enfants, elle est venue vous voir pour vous forcer à vous convertir? Est-ce qu'on vous a forcé à vous convertir à l'islam (...). Il n'y a aucune provocation des petites dames qui vons se baigner avec leurs enfants", estime-t-elle.

Mais pour Lionnel Luca, "la plage publique est faite pour tout le monde sans qu'on sache qui est quoi. Quand vous affichez une tenue qui est ouvertement religieuse parce qu'elle est destinée à protéger du regard des autres, c'est bien un principe religieux et rien d'autre". D'après le député-maire, en portant le burkini, les femmes musulmanes contribuent elles-mêmes à créer leur "ghetto", leur "apartheid". Karima continuera elle à porter son burkini et regrette les arrêtés l'interdisant qui la prive selon elle "de nos libertés. Pour elle, les opposants au burkini mènent en réalité "un combat contre l'islam".

C. B