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Petites lignes SNCF: pourquoi il faudrait les remplacer par des lignes d'autocars

Le gouvernement a assuré que la réforme de la SNCF ne concernerait pas les petites lignes à l'inverse du rapport Spinetta préconisant la fermeture des lignes peu fréquentées. Pour Alain Bonnafous, chercheur au Laboratoire d'économie des transports de Lyon, le gouvernement a cédé aux pressions.

L'Etat veut réformer la SNCF "avant l'été". Mais ne tiendra pas compte des recommandations du rapport Spinetta concernant les petites lignes de train. Le rapport pointait du doigt 9.200 km de lignes régionales jugées trop coûteuses et peu empruntées, préconisant leur fermeture. Une recommandation qui avait provoqué l'inquiétude de certains maires.

Pour Alain Bonnafous, chercheur au Laboratoire d'économie des transports de Lyon, le gouvernement a cédé aux pressions: "Il y a eu une pression des élus de tout bord, de l'extrême gauche à l'extrême droite, il y a eu la pression politique des associations d'usagers qui reste prisonnières de la symbolique du rail et la pression syndicale qui consiste à souhaiter un maximum d'activités ferroviaires".

"Le rapport Spinetta a mille fois raison"

"C'est un problème anthropologique, on reste fasciné par la symbolique du rail dans ce pays alors qu'on devrait raisonner sur la qualité du service, sur sa commodité et son accessibilité pour les usagers et sur ses coûts sociaux et financiers. Le rapport de Spinetta a mille fois raison, il fait ce que font nos voisins et en particulier les Suisses", a-t-il aussi précisé.

Selon le chercheur, ces lignes de trains pourraient très bien être remplacées par des lignes d'autocars: "Le gouvernement a été soumis à une bêtise bien partagée: cette idée naïve selon laquelle parce qu'on veut remplacer un service ferroviaire coûteux et peu fréquent par un service d'autocars moins coûteux et beaucoup plus fréquent, on va tuer le rural des services".

C'est ce qui avait été mis en place dès 1979 sur le trajet Agen-Auch, a rapporté le chercheur. Pour pallier le manque de TER, 8 allers-retours en autocars avaient remplacés les trois TER quotidiens, divisant par trois le coût pour la collectivité.

P.B.