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Racisme anti-asiatique: "Un racisme qui part de quelque chose qui semble sympathique"

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Plusieurs milliers de membres de la communauté chinoise ont manifesté dimanche pour protester contre le racisme anti-asiatique après l'agression mortelle de Zang Chaolin le 7 août dernier.

Ce lundi dans "Radio Brunet", Eric Brunet disait ne pas croire à l'existence d'un racisme anti-asiatique. Pour Tamara Lui, présidente de l'association des Chinois de France/Français de Chine, c'est en effet un "racisme insidieux". "Cela commence par des blagues et des moqueries. Et ces moqueries se transforment en préjugés et ça arrive à une discrimination au faciès. C'est un racisme invisible qui part de quelque chose qui semble sympathique et qui est très violent", détaille-t-elle sur RMC.

Et l'assassinat de Zang Chaolin, père de famille, le 7 août dernier, a joué le rôle de catalyseur pour la communauté asiatique. Pourtant ce n'est pas nouveau. A Aubervilliers, où est mort Zang Chaolin, "des associations asiatiques font des rondes de présence autour du métro dans les quartiers sensibles", relate Tamara Lui. "On se sent impuissants, abandonnés des autorités. On est obligés de se défendre".

"On doit s'ouvrir davantage"

Pour la maire d'Aubervilliers Meriem Zerkaoui, il faut réussir à faire tomber quelques clichés: "Les gens pensent que les gens d'origine chinoise ont beaucoup de liquide sur eux". Et de rappeler les agressions ciblées sur les touristes chinois dans la capitale.

Tamara Lui, elle, admet aussi que l'intégration des communautés asiatiques n'est pas forcément évidente: "Il y a un travail de médiation à faire. Du côté des asiatiques aussi, on doit s'ouvrir davantage, on doit vivre ensemble avec les autres minorités. Le chemin de l'intégration est très long".