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Si demain le gouvernement réduit le RSA de 100 euros, les départements retrouvent leur santé financière

Le président Divers Droite de Corrèze, Pascal Coste, a appelé les agents de sa collectivité à faire grève, ce jeudi, pour protester contre la baisse des dotations de l'État, estimée à 13 millions d'euros entre 2014 et 2017, pour son département. Face aux critiques d'Éric Brunet, Pascal Coste a vertement expliqué sur RMC que certaines dépenses des départements étaient incompressibles et qu'ils étaient victimes de la politique de l'État.

"Effectivement, au quotidien je fais avec ce que l'État me donne, mais j'ai des obligations imposées par l'État: on m'oblige à un niveau de RSA, à un niveau d'APA (Allocations personnes âgées), ou bien on m'impose une nouvelle loi pour donner tant. Si l'État veut baisser ses dotations, alors on ajuste le niveau de service, mais on ne peut pas être contraint des deux côtés comme ça.

Dans les départements ruraux, 50 à 60% de nos budgets sont des prestations sociales: RSA, APA (aide aux personnes âgées), prestation de compensation du handicap…

"Les départements ne décident pas mais doivent payer"

Sur les personnes âgées, dans des départements comme les nôtres, on cumule deux problèmes: on ne bénéficie pas de recettes dynamiques liées aux entreprises comme les gros départements, et en même temps on a une prévalence de ce type de population qui fait qu'on a 40% d'aides APA de plus que d'autres départements.

Si demain le gouvernement décide de réduire de 100 euros le RSA, l'ensemble des départements de France retrouvent leurs conditions financières. Mais les départements ne décident pas des politiques gouvernementales et en plus ils doivent payer. Avec l'argent des impôts locaux, et non ceux issus de la solidarité nationale".

P. G. avec Eric Brunet