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Vidéosurveillance: "Certains élus installent des caméras pour faire plaisir à quelques habitants apeurés"

Pour Eric Brunet, il faudrait développer la vidéosurveillance dans nos villes. Le sociologue Laurent Muchielli estime qu'il faut poser des limites à l'installation de caméras dans les rues.

Face au sentiment d'insécurité, Eric Brunet voudrait voir se développer la vidéosurveillance dans toutes les villes de France.

Pour Laurent Muchielli, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la sociologie de la délinquance, il faut être prudent: "A mes yeux, la question n'est pas de savoir si on est pour ou contre la vidéosurveillance, la question c'est de se demander: où? Dans quelle mesure? Combien? Jusqu'où? Il y a des faits divers liés à la vidéosurveillance tous les jours, je ne les conteste pas. Je ne dis pas qu'il faut désinstaller tous les caméras et les jeter à la poubelle. Je dis qu'il faut en garder dans des endroits policièrement stratégiques. Même si le coup de main que ça donne aux policiers et aux gendarmes est minime, c'est toujours ça de pris".

"Faut-il vidéosurveiller la totalité des rues de nos villes et de nos villages?"

Le sociologue pointe un développement injustifié de la vidéosurveillance:

"On est actuellement dans escalade où les choses ne sont pas faites en fonction d'un diagnostic de dangerosité. Dans le moindre petit village de quelques centaines d'habitants, on peut trouver des élus qui endettent leur commune uniquement pour faire plaisir à quelques habitants qui vivent terrés chez eux, apeurés. Ce sont des villages où il y a zéro risque, même pas de petite délinquance. A un moment donné, on déborde sur tout à fait autre chose, sur de la démagogie, sur le sentiment d'insécurité exprimé par une minorité agissante, et on déborde jusqu'au? Faut-il vidéosurveiller la totalité des rues de nos villes et de nos villages, c'est-à-dire mettre l'argent public là-dedans?"
P.B.