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4,5 millions de "Tanguy" en France: "J'essaie d'être cohérent par rapport à mon salaire"

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- - Téléma Productions

4,5 millions de jeunes vivent encore chez leurs parents. Une situation subie pour beaucoup de ces jeunes: crise du logement, petits salaires, chômage expliquent cette cohabitation familiale.

Les jeunes ont de plus en plus de mal à quitter le cocon familial. Selon une étude de la Fondation Abbé Pierre publiée à la mi-novembre, 4,5 millions de jeunes vivent encore chez leurs parents. 1,5 million d'entre eux ont plus de 25 ans.

Des "Tanguy" qui, contrairement au héros du film d'Etienne Chatiliez, n'ont pas choisi cette cohabitation. La moitié des 25-34 ans qui sont toujours au domicile familial sont salariés où en apprentissage rémunérés.

Pour Manuel Domergue, directeur des études à la fondation Abbé Pierre, il y a différents cas de figure: "Il y a des jeunes précaires, qui ne sont pas en CDI mais qui ont des revenus suffisants pour se payer un appartement, mais comme ils sont précaires, les bailleurs ont peur d'eux. A l'inverse, il y a des jeunes Tanguy en CDI au Smic, donc qui gagnent 1200-1300 euros et ce n'est pas assez pour trouver un logement parce que dans les grandes agglomérations, un studio atteint rapidement 600 ou 700 euros. Donc quand on gagne 1000 euros, cela fait peur au bailleur et ce n'est pas raisonnable de mettre 70% de son salaire dans son logement".

La crise du logement, la précarité, le manque d'emploi, tous ces facteurs font augmenter le nombre de jeunes qui reviennent à la maison après avoir tenté une vie autonome : entre 2002 et 2013, leur nombre a augmenté de 20%.

"Serein de partir quand j'aurai une sécurité financière"

Pierre fait partie de ces "Tanguy". S'il ne souffre pas de la situation, il n'a pas pour autant choisi de rester chez ses parents. A 26 ans, il en est à son deuxième CDD dans une société de production mais il ne se voit pas sacrifier la moitié de son salaire pour un appartement à Paris.

Il préfère donner 300 euros chaque mois à ses parents: "Pour l'instant j'essaie d'être un peu cohérent par rapport à ce que je gagne et à la difficulté de se loger. Je serais plus serein de partir quand j'aurai une sécurité financière. Quand on fait 5-6 années d'études, que l'on fait des stages que l'on cherche un boulot, on rentre sur le marché du travail à 26-27 ans donc il n'y a rien d'aberrant à être encore chez ses parents à cette âge-là".

D'ailleurs, sa sœur aînée, avocate de 27 ans, n'a pas non plus fait ses cartons.