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500 signatures : quand Boutin menace Sarkozy

Christine Boutin ne trouve pas ses 500 signatures. Elle menace de lâcher une "bombe atomique" sur Nicolas Sarkozy qu'elle accuse de bloquer sa collecte.

Christine Boutin ne trouve pas ses 500 signatures. Elle menace de lâcher une "bombe atomique" sur Nicolas Sarkozy qu'elle accuse de bloquer sa collecte. - -

Hier, Christine Boutin a surpris tout le monde en menaçant de lâcher une « bombe atomique » sur Nicolas Sarkozy si elle n’obtenait pas les 500 parrainages nécessaires à sa candidature à la présidentielle. Pas très catholique, tout ça.

C’est surtout désespéré. La présidente du Parti chrétien-démocrate ne savait plus à quel saint se vouer pour qu’on parle enfin d’elle et de sa campagne, alors elle en a appelé au Dieu de la guerre - nucléaire s’il vous plaît.

Une menace qui « fait rire » à l’Elysée

Quand on est une femme de foi, menacer publiquement, à la radio, de lancer une « bombe atomique » sur le président de la République, ce n’est pas rien. Même Dominique de Villepin n’a pas osé ! Elle a dit : « Je ferai quelque chose de très important. Ce n'est pas une menace, c'est une vérité. Quand on me cherche, on me trouve ». C’était hier sur Europe 1. Christine Boutin accuse « l’UMP et l’Elysée » de « bloquer » sa collecte de signatures. A l’Elysée, justement, on traite ça par le mépris. « Ce pétage de plomb nous a fait bien rire » - voilà ce que m’a dit un conseiller de Sarkozy. Quand je lui ai demandé s’il avait une idée de ce que pourrait dire Boutin au cas où elle mettrait sa menace à exécution, il s’est moqué de plus belle.

Coup de bluff ou vraie menace ?

Elle en a trop dit ou pas assez, et c’est la pire des positions. D’ailleurs, Christine Boutin est un peu embêtée, maintenant. Voilà ce qu’elle a répondu à notre journaliste, Aurélia Manoli, qui lui demandait ce que c’était, cette fameuse « bombe atomique» : « La bombe atomique, elle a surtout comme utilité de ne jamais être utilisée ».
Certes. Encore faut-il que l’adversaire ne soupçonne pas cette bombe de n’être qu’un pétard mouillé. Il faut dire que Christine Boutin n’a pas, comme Rachida Dati, la grenade dégoupillée de l’UMP, l’art et la manière de faire du chantage. Christine Boutin, elle, est presque effrayée par son audace. Pourtant elle n’est pas la seule, parmi les petits candidats, à avoir menacé les grands à la veille d’une présidentielle. Mais d’habitude, ça se fait hors micro.

Boutin dans le même cas que Madelin en 2002

En 2002, quand Alain Madelin, le candidat de Démocratie libérale, se rend compte qu’il ne va pas avoir les 500 signatures, il appelle Jacques Chirac pour le menacer: « Je déclenche une guerre nucléaire contre toi si tu continues à m’empêcher d’avoir les signatures ! ». Christine Boutin n’a rien inventé. Madelin raconte qu’après ce coup de fil, Chirac a donné pour consigne de l’aider, et il a eu les parrainages requis.

Des parrainages PS pour aider Boutin ?

La seule chose que Christine Boutin est certaine d’avoir gagné, c’est son quart d’heure de gloire médiatique. Trois minutes, en tout cas, ce matin sur RMC. Les 500 signatures, c’est une autre histoire. Sarkozy a toujours dit que contrairement à Mitterrand et à Chirac, lui ne voulait pas de « petites magouilles » sur les parrainages, parce que ça finissait toujours par se savoir. Au-delà de ces proclamations vertueuses, il faut bien voir une chose : Sarkozy entend être le seul candidat de son camp. Les petits prétendants de droite risquent d’en être réduits à solliciter François Hollande, en espérant que le PS leur donne les signatures pour affaiblir Sarkozy. « C’est la seule chance de Villepin », m’a confié un ami de l’ancien Premier ministre. C’est terrible, la politique… Allez, Dieu reconnaîtra les siens !

Écoutez la chronique d'Anna Cabana, "Les coulisses de la politique" de ce mardi à 7h20.

Anna Cabana