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A Kilis (Turquie), les migrants ont "tous un rêve: retourner vivre chez nous, en Syrie"

REPORTAGE – RMC s'est rendue à Kilis, dernier poste-frontière turc, avant la Syrie, le contraste est saisissant: d'un côté les 90.000 habitants et, de l'autre, 120.000 réfugiés syriens. Un tiers d'entre eux vivent dans trois camps gérés par le gouvernement turc, à 1,5 kilomètre à peine de la Syrie et des postes avancés de l'Etat islamique…

La Turquie a proposé lundi à Bruxelles, lors d'un sommet sur la crise migratoire, de faire plus pour enrayer l'afflux de migrants en Europe en échange d'une aide financière accrue, d'une accélération des négociations d'adhésion à l'Union européenne et d'un accès facilité de ses ressortissants à l'UE, mais les 28 ont dit avoir besoin de temps pour étudier ce plan avant le Conseil européen des 17 et 18 mars.

Concrètement, la Turquie a fait monter les enchères en réclamant trois milliards d'euros d'aide européenne supplémentaire contre l'engagement d'accepter un retour massif des migrants ayant rejoint l'UE depuis son territoire. Et, selon des sources concordantes, elle serait désormais prête à reprendre sur son territoire les demandeurs d'asile syriens qui ont entrepris la périlleuse traversée de la mer Egée vers la Grèce.

8.500 enfants scolarisés

Des réfugiés syriens qui s'entassent à Kilis, dernier poste-frontière turc, avant la Syrie. Dans cette ville-dortoir, entourée de murs et de barbelés, le contraste est saisissant: d'un côté vivent les 90.000 habitants et de l'autre les 120.000 réfugiés syriens. Un tiers d'entre eux vivent dans trois camps gérés par le gouvernement turc, situés à seulement 1,5 kilomètre de la Syrie et des postes avancés de l'Etat islamique. Ainsi, 25.000 d'entre eux vivent dans le camp d'Elbeyli, et la moitié sont des enfants.

"Dans notre camp il y a une école maternelle, deux écoles primaires, un collège, un lycée et une école d'initiation à la langue turque. Les professeurs suivent l'enseignement de l'Education nationale syrienne", détaille à RMC Metin Yildiz, un des responsables du camp. Au total, 8.500 enfants sont scolarisés à l'intérieur même du camp.

A six dans 21 m2 

"Je me lève vers 7h00 et je vais à l'école jusqu'à midi", rapporte Sidra, 12 ans, arrivée ici il y a 8 mois en provenance du nord d'Alep. La fillette vit dans un conteneur de 21 m2 avec ses parents, ses deux frères et son grand-père. Les autorités turques sont très fières de faire visiter ce camp qui dispose aussi d'un hôpital et d'un centre social. Pour autant, pour les réfugiés il est difficile d'envisager un avenir ici.

"On a tous un rêve: retourner vivre chez nous, en Syrie. Même si c'est dans longtemps. On n'est pas si mal dans le camp mais je ne veux pas rester là. Je vais rentrer, quand la guerre sera finie", témoigne Abdullrahman, le grand-père de Sidra. Presque tous les jours, de nouveaux réfugiés arrivent à Kilis. Pour preuve, la semaine dernière, une cinquantaine de Syriens ont rejoint les camps.

M.R avec Amélie Rosique et Francis Simoes