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A Lesbos, face à l’afflux massif de réfugiés, "business is business"

SUR LA ROUTE DES REFUGIES - RMC a fait le choix de raconter tous les jours pendant plusieurs semaines ce voyage entrepris par des dizaines de milliers de réfugiés. Ce lundi, zoom sur Lesbos, une île grecque qui fait face à un afflux massif de migrants en provenance de Turquie.

Sur les îles grecques, face à la Turquie, des milliers de réfugiés continuent à débarquer quotidiennement. Selon les témoignages de ces exilés, entre deux et trois millions de personnes attendraient, côté turc, de pouvoir traverser le petit bras de mer qui les sépare de l’Europe.

RMC a fait le choix de raconter tous les jours pendant plusieurs semaines ce voyage entrepris par des dizaines de milliers de réfugiés. Pour mieux appréhender leurs espoirs et leurs craintes. Ce lundi, RMC était à Lesbos, une île grecque qui fait face quotidiennement à un afflux de migrants en provenance de Turquie.

"Je prends le moteur, il est bien"

Et ces milliers d’arrivées quotidiennes, les Grecs qui vivent à Lesbos, ne peuvent pas les ignorer. Certains, même, en profitent, comme l’a constaté RMC.

A chaque arrivée de zodiac, sur les plages de galets, des volontaires agitent les bras pour aider les réfugiés paniqués à accoster. Mais ils ne sont pas seuls. Au milieu des pleurs des enfants, deux habitants de l’île en viennent aux mains… pour arriver les premiers au canot. C’est le moteur qui les intéresse. Et c’est Dimitris qui repartira avec le butin.

"Je prends le moteur, il est bien", avoue-t-il au micro de RMC. "Je le vendrai cent euros, plus ou moins. Mais ne il faut pas le dire à la police, sinon elle m’arrête".

"Une opportunité pour les gens qui n'ont plus de travail"

Dimitris passe ses journées à parcourir la côte en 4x4, jumelles à la main, à la recherche des canots de réfugiés. Ce commerce est interdit, mais ils sont pourtant des centaines à y participer quotidiennement.

"C’est surtout les pêcheurs qui font ça", indique Yanis à RMC. "Ils savent comment les faire accoster, pour prendre le moteur plus facilement. C’est une opportunité pour les gens qui n’ont plus de travail ici. Vous savez on a beaucoup de chômage en Grèce. Moi, je ne prends que le plastique des bateaux pour couvrir le bois l’hiver".

Sur la plage, en une heure, un pêcheur que nous avons suivi a récupéré trois moteurs. Un butin d’une valeur d’environ 300 euros.

C. P. avec Amélie Rosique