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A Rio, le virus Zika inquiète peu supporters et athlètes: "On a été plus piqués avant de partir à Nantes"

Le virus Zika a touché environ 1,5 million de personnes au Brésil.

Le virus Zika a touché environ 1,5 million de personnes au Brésil. - Yuri Cortez - AFP

REPORTAGE - Le risque d'une épidémie du virus Zika pendant les Jeux Olympiques est pris au sérieux par le Brésil, extrêmement touché. Si des athlètes ont annulé leur venue, sur place le virus ne sème pas la psychose.

Au Brésil, le virus Zika a touché environ 1,5 million de personnes. Parmi elles, Giovanni qui s'est remis au volant de son taxi il y a une semaine seulement. Ce Carioca vit dans une favela au nord de Rio. Une zone où les conditions sanitaires sont parfois déplorables et où le virus Zika, transmis par les moustiques présents en nombre, s'est le plus propagé.

"C'était insupportable, j'ai été malade pendant deux mois. Zika, c'est horrible. Au début, on ne s'en rend pas compte et puis tu t'écroules. Mal aux articulations, mal au dos, mal à la tête. J'ai dû m'arrêter de travailler. Je me suis soigné, mais aujourd'hui je souffre encore", explique-t-il. 

"Une maladie qui prendra des années" à éradiquer

Zika est apparu dans le pays en 2015. En février dernier, l'Organisation mondiale de la santé en a fait une urgence de santé publique internationale. Le virus est le plus souvent toléré par les malades mais peut être dangereux, essentiellement pour les femmes enceintes et leur foetus, qui peuvent souffrir de microcéphalie.

"Zika est une situation nouvelle pour nous, reconnaît José Arthur Lopez, chef des urgences de l'hôpital Copa d'or à Rio. C'est une maladie qui s'étend, cela prendra des années pour l'éradiquer. Il faut un vaccin, c'est sûr. Sinon la solution c'est de tuer tous les moustiques."

Fin mai, une centaine d'experts réclamaient le report ou le déplacement des Jeux Olympiques, craignant la propagation du virus. Un choix que n'ont pas décidé de suivre les autorités brésiliennes.

Ce mercredi, le ministère de la Santé a émis des recommandations pour les Français se rendant à Rio pour les Jeux Olympiques, préconisant notamment d'emporter "répulsifs cutanés anti-moustiques" et "insecticides". Rien de tout ça pour Rached et Patricia, pour qui Zika semble assez loin de leurs préoccupations.

"J'ai complètement zappé, on n'a pas anticipé du tout. On a été plus piqué avant de partir à Nantes. On s'est gratté partout, j'ai encore les traces. Mais là, on n'en a pas vu", constatent-ils. 

"Les moustiques se tiennent loin"

Côté athlètes non plus, Zika ne semble pas si effrayant, c'est en tout cas le sentiment de la gymnaste française Marine Boyer. "Ma mère m'a dit fais attention, tu te laves tout le temps les main. On a eu plein d'anti-moustiques, mais je n'y pense pas trop", reconnaît la jeune athlète. Des recommandations ont également été données dans d'autres délégations. Mais Martin, judoka canadien n'est pas non plus très inquiet. "Ils ont mentionné ça, qu'ils allaient agir en conséquence, fournir de l'anti-moustiques pour pas que ça nous embête. Je n'ai pas de problème pour le moment, les moustiques se tiennent loin", se réjouit-il. 

Malgré tout, moins rassurés, certaines superstars américaines du basket, des golfeurs ou tennisman n'ont pas fait le déplacement à Rio à cause de Zika. Pour le médecin José Arthur Lopez, ces athlètes qui ont décidé de passer à côté de leur rêve olympique ont eu tort.

"Ils ont perdu une grande opportunité de venir à Rio. C'est le meilleur moment de l'année, le pic de l'épidémie de Zika c'est l'été et nous sommes en plein hiver ici. Et puis Zika est une maladie bénigne pour la majorité de la population", indique le médecin. Ses préoccupations se tournent davantage aujourd'hui "sur les maladies que pourraient ramener au Brésil les supporters du monde entier". 

C. B avec notre envoyé spécial Thomas Chupin