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A Sevran, 10 ans après les émeutes, l'urbanisme a changé, pas le quotidien des habitants

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REPORTAGE - Alors que François Hollande se déplace ce mardi à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) pour le lancement de l'Agence nationale de développement économique annoncée en février, RMC s'est rendue à Sevran (Seine-Saint-Denis) pour voir ce qui avait changé dans ce quartier, dix ans après un vaste plan de rénovation urbaine.

Le président de l'autre côté du périph'. François Hollande est en visite ce mardi à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) quelques jours avant le dixième anniversaire des émeutes qui avaient secoué les banlieues à l'automne 2005. Le chef de l'Etat profitera de ce déplacement pour rappeler les engagements pris lors de sa conférence de presse du 5 février dernier et lancer l'Agence nationale pour le développement économique sur les territoires, une structure qui vise à favoriser la création d'entreprises, aider les très petites entreprises quel que soit leur lieu d'implantation et à promouvoir l'innovation.

"Les gens se sentent toujours en insécurité"

A l'occasion de ce retour de François Hollande en banlieue, RMC s'est rendue à Sevran en Seine-Saint-Denis. Dix ans après le lancement d'un vaste plan de rénovation urbaine, certains quartiers ont changé. "Il y a dix ans le quartier était dans un autre état, confirme Michel Bouillot, directeur général des services de la ville. Vous aviez des papiers par terre, des poubelles renversées… Il y a des indicateurs du mieux-vivre: les gens respectent les lieux, il n'y a pas de dégradation, il y a moins de délinquance… Vous dire qu'il n'y a plus de délinquance? Non. Il faut être sérieux…"

Pourtant, pour beaucoup d'habitants, le quotidien n'a pas changé. "On subit toujours les pannes d'ascenseur, on a des populations de plus en plus précaires…, atteste Michel Blatter à la tête d'une association de locataires. De plus, je ne pense pas que la rénovation urbaine mettra fin au trafic de stupéfiants. Les gens se sentent toujours en insécurité. La preuve? Hier soir il y a encore eu un cambriolage".

"Une volonté d'embaucher"

Dans cette ville où un jeune sur trois est au chômage, le maire Stéphane Gatignon en est persuadé: le chantier prioritaire désormais, c'est l'économie. "Ici, on a énormément d'entreprises de zéro à cinq salariés, qui emploient du monde 'au black'. Il y a une volonté d'embaucher mais aujourd'hui elles ne peuvent pas à cause des charges", regrette-t-il. Il estime donc qu'il faut "aider les petites entreprises".

Comment? "Pas besoin de dispositifs mirobolants, assure Stéphane Gatignon. Il suffit de dire que les entreprises ne paient pas de charges de zéro à cinq salariés et là vous verrez que ça va avancer. D'une part, tous ceux qui travaillent actuellement 'au black' seront déclarés et auront donc une vraie vie possible. Et d'autre part, ils pourront embaucher. Je pense donc que s'il y a un choix à faire en ce moment, c'est là-dessus". Sevran compte aussi beaucoup sur l'arrivée du métro en 2023 et dont les travaux vont débuter dans moins d'un an.

Maxime Ricard avec Victor Joanin