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Accueil des migrants: "Ces gens m’ont sauvé", témoigne Carlos, réfugié colombien

Des migrants à la gare de Milan, en Italie, le 11 juin 2015.

Des migrants à la gare de Milan, en Italie, le 11 juin 2015. - Olivier Morin - AFP

TEMOIGNAGE - Les drames en série ont jeté un éclairage très cru sur la situation des migrants. Alors en Europe, la solidarité s’organise, comme en France, où l’association Singa met en relation des particuliers qui ont une chambre libre avec des réfugiés ayant obtenu le droit de rester en France.

Face à la multiplication des drames sur la route de l'exil, un peu partout en Europe des initiatives citoyennes voient le jour, et la solidarité s'organise pour accueillir des réfugiés. En Allemagne, par exemple, des centaines d'habitants de Munich viennent aider les réfugiés à leur arrivée en train. La police de la ville a dû faire un communiqué pour demander un arrêt des dons matériels. Impossible pour elle de gérer un tel flux.

En Islande, sur les réseaux sociaux, près de 15.000 personnes se sont proposées pour héberger des réfugiés. Et en France, plusieurs groupes sont également en train de se créer sur les réseaux sociaux. À Paris, l'association Singa a lancé il y a 3 jours son opération Calm, comprenez: "Comme à la maison".

Une proposition d'hébergement toutes les 10 minutes

Le principe est simple: mettre en relation des particuliers qui ont une chambre libre avec des réfugiés ayant obtenu le droit de rester en France (des réfugiés qui ont donc le statut de réfugiés pas des demandeurs d'asiles). L'opération vient juste d'être lancée mais l'association a déjà reçu en trois jours près 550 propositions d'hébergement partout en France.

Une nouvelle proposition arrive quasiment toutes les 10 minutes sur le site de l'association. Alice Barbe, la co-fondatrice de Singa, jette un œil à une proposition qui vient tout juste de tomber.

"Alors ça, c’est dans le Territoire de Belfort", précise-t-elle à RMC. "Dans une petite maison indépendante, une famille est prête à héberger une famille avec enfant".

"C'est la façon la plus facile d'apprendre la langue"

Près de 600 propositions en seulement 3 jours, c'est bien au-dessus de ce qu'elle attendait.

"Pour nous, la solution, c’est simplement que les citoyens prennent conscience et le fassent", dit-elle. "Et que la société civile accueille de façon plus positive les personnes réfugiées, qui ont tellement de richesses à apporter à notre société".

Carlos, 29 ans, est un réfugié politique colombien. Il est arrivé à Paris sans parler un mot de français. Après plusieurs mois à la rue, il a été hébergé pendant un an par une famille.

"Ce sont des gens qui m’ont sauvé", témoigne-t-il. "Ils m’ont donné de l’amour. C’est la façon la plus facile d’apprendre une langue".

En Ile-de-France, dans les prochains jours, une cinquantaine de famille suivies par Singa doivent ouvrir leurs portes à un ou plusieurs réfugiés , voire à des familles entières parfois.

C. P. avec Céline Martelet