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Accueil des migrants: "Quand ils voient Calais, mes habitants sont inquiets"

Une responsable de la préfecture du Pas-de-Calais dirigent des migrants vers un bus qui doit les emmener dans un Centre d'accueil et d'orientation (CAO). 9.000 migrants de la jungle de Calais vont être répartis sur tout le territoire sur ordre des préfectures.

Une responsable de la préfecture du Pas-de-Calais dirigent des migrants vers un bus qui doit les emmener dans un Centre d'accueil et d'orientation (CAO). 9.000 migrants de la jungle de Calais vont être répartis sur tout le territoire sur ordre des préfectures. - Philippe Huguen - AFP

Pour illustrer le désarroi des maires qui doivent prochainement accueillir des migrants provenant de la jungle de Calais, Éric Brunet a recueilli ce mercredi le témoignage de Yannick Haury, maire divers droite de Saint-Brévin-Les-Pins (Loire-Atlantique). Sa commune, qui compte environ 13.100 habitants, a appris la semaine dernière qu'elle devait accueillir prochainement 70 migrants.

"Mercredi dernier, j'ai eu un appel de la sous-préfecture de Saint-Nazaire et la sous-préfète m'a annoncé que, suite à un accord avec la caisse centrale des activités sociales d'EDF – GDF, leur centre de vacances accueillerait 70 (migrants) qui viendraient de Calais. Sans aucune autre précision.

Les réactions de mes administrés sont des réactions d'inquiétude: nous recevons en mairie des appels, des courriers et il y a même des pétitions qui circulent.

C'est surtout la question de la pérennité de cette structure qui inquiète les habitants. Nous n'avons aucun détail sur cet aspect. On a bien vu que l'État n'a pas su gérer les choses de la bonne façon à Calais. Les habitants sont inquiets par rapport à ça mais en même temps, quand on échange avec eux, ils expriment leur sentiment d'empathie envers des personnes qui vivent des conditions terribles.

"La méthode n'est pas bonne"

Je pense que la méthode - qu'il n'y ait pas de concertation avec les communes - n'est pas bonne. Ce serait beaucoup plus efficace et les choses seraient mieux acceptées si elles étaient mieux expliquées, notamment sur la période durant laquelle les migrants vont être accueillis. Les choses se font dans la précipitation sans parfois tenir compte des contraintes locales ni des perspectives d'intégration proposées à ces personnes. L'impression c'est que les choses qui se font à l'aveugle en refusant la concertation avec les communes".

P. G. avec Eric Brunet