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Affaire OM: "Le grand banditisme n'a pas la main sur le club"

Christophe Bouchet, président de l'OM entre 2002 et 2004.

Christophe Bouchet, président de l'OM entre 2002 et 2004. - Boris Horvat - AFP

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi, l'ancien dirigeant de l'OM Christophe Bouchet a fait part de ses doutes quant à une éventuelle implication de Vincent Labrune, Pape Diouf et Jean-Claude Dassier, dans le versement de rétrocommissions au grand banditisme.

Y a-t-il eu des rétrocommissions au bénéfice du grand banditisme à l'occasion de plusieurs transferts de joueur de football de l'Olympique de Marseille? C'est ce que veulent savoir les enquêteurs qui ont placé en garde à vue depuis mardi matin l'actuel président de l'OM et son bras droit, mais aussi deux anciens dirigeants du club, Pape Diouf et Jean-Claude Dassier. La police judiciaire de Nanterre et de Marseille se penche sur les transferts du club depuis près de 10 ans, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en 2011 pour "extorsion de fonds, blanchiment et association de malfaiteurs".

Les juges en charge du dossier veulent précisément savoir si une partie de cet argent a pu être reversé, via des commissions occultes à des membres du grand banditisme corse ou marseillais. A l’origine de l’affaire, des conversations suspectes captées sur le portable de José Anigo, l’ancien directeur sportif de l’OM, actuellement au Maroc, mais qui devrait être lui aussi entendu prochainement.

"Connaissant les trois hommes, je doute qu'il y ait eu des rétrocommissions"

Christophe Bouchet, ancien président de l'OM entre 2002 et 2004, et donc pas concerné par cette affaire, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi. "Connaissant les trois hommes, Diouf, Dassier, Labrune, je doute qu'il y ait eu des rétrocommissions, c’est-à-dire qu'un agent de joueur ait pu reverser une partie de sa commission à un dirigeant de l'OM. J'ai beaucoup de mal à le croire", a-t-il d'abord réagi. "C'est très encadré et surveillé par la DNCG (Direction national de contrôle de gestion, NDR). "Je suis absolument certains que le grand banditisme n'a pas la main comme on le dit parfois sur l'OM, - c'est un fantasme sur le club - ou que le grand banditisme fait lui-même des transferts", a-t-il ajouté.

La commission des agents "peut attirer les convoitises"

Pour Christophe Bouchet, s'il y a eu des rétrocommissions au bénéfice du grand banditisme, elles n'ont pu venir que des agents eux-mêmes. Lors du transfert d'un joueur, "un pourcentage est déterminé entre le club et l'agent du joueur pour le versement d'une commission. Cela se passe exactement comme quand vous achetez une maison. Vous versez une commission à l'agent immobilier qui après, fait ce qu'il veut de sa commission". "Les commissions des agents sont extrêmement élevées, un agent peut gagner jusqu'à 3 millions d'euros. On peut imaginer que cet argent attire les convoitises". "Quand un agent touche une commission, c'est un homme seul, il est forcément fragile. Peut-être que certaines personnalités du grand banditisme mettent la main sur des agents avant le transfert pour prendre leur part".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin