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Affiche polémique à Béziers: "C’est clairement un appel à la guerre civile"

Robert Ménard devant l'affiche qui fait polémique.

Robert Ménard devant l'affiche qui fait polémique. - AFP

La campagne du maire de Béziers, Robert Ménard, élu grâce au soutien du Front national, annonçant l'armement des agents locaux suscite l'indignation d'élus de gauche qui y voient une provocation.

L’affiche de la discorde. "Désormais la police municipale a un nouvel ami": la campagne du maire de Béziers Robert Ménard, élu grâce au soutien du Front national, annonçant l'armement des agents locaux suscite l'indignation d'élus de gauche qui y voient une provocation.

L'affiche incriminée montre, en gros plan, un pistolet avec un écusson tricolore sur la crosse. "Désormais la police municipale a un nouvel ami, armée 24H/24 et 7j/7", dit la légende.

Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a exprimé hier soir, via un communiqué, la "tonalité délibérément provocatrice" de la campagne initiée par le maire de Béziers. "L’outrance de cette campagne ne peut qu’aboutir à de graves contresens. Réduire l’action des forces de l’ordre à leur arme, c’est méconnaître la conception qu’elles se font de leurs missions".

"On crée un climat d'incitation à la violence"

David Garcia, co-secrétaire du parti de Gauche à Béziers, est très choqué par cette affiche. "Ça m’a sidéré", confie-t-il. "C’est clairement un appel à la guerre civile. Dire qu’une arme est le meilleur ami de l’homme, c’est une régression de l’humanité. Quel message cela fait passer? Que les problèmes sécuritaires ne devraient être réglés que par les armes".

"On voit ce que cela donne aux Etats-Unis, avec les contrôles au faciès", poursuit-il. "Ce n’est pas acceptable. Ménard devrait retirer ces affiches. Connaissant le personnage, je doute que le dire suffise. J’espère qu’il y aura une mobilisation".

"On fait de la police municipale une cible", regrette pour sa part Jean-Michel du Plaa, conseiller municipal dans l’opposition. "On sous-entend que toute la police municipale est armée, et on crée un climat d’incitation à la violence".

Le pistolet est "un ami, pas un ennemi"

Le principal intéressé, Robert Ménard, lui, ne comprend pas la polémique. "Qu’est-ce qu’il y a de choquant? De dire que dans le climat que vit la France depuis quelques semaines? Oui, les policiers ont besoin d’être armés", affirme-t-il. "C’est une campagne percutante et efficace".

"L’armement d’un policier municipal représente quelque chose de sécurisant pour la police et la population", renchérit Jean-Marc Joffre, trésorier du Syndicat national des policiers municipaux. "C’est un ami, pas un ennemi. L’objet en doit pas faire peur mais rassurer. L’affiche n’a rien d’outrageant ou de vulgaire. On réclame l’armement depuis longtemps, c’est déjà un premier pas".

Depuis son élection en mars dernier, Robert Ménard a créé de nombreuses polémiques, du changement d'un nom de rue pour l'attribuer à l'un des militaires du putsch des généraux à Alger, en passant par le couvre-feu pour les mineurs.

Jean-Baptiste Durand avec E.B.