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Agression du président du Paris Foot Gay: "On se dit qu'on aurait pu perdre un œil"

TEMOIGNAGE RMC - Julien Pontes, le président du Paris Foot Gay, association fondée pour lutter contre l'homophobie dans le sport, a été "victime d'une agression homophobe" samedi soir. Ce lundi, son mari, Serge, présent au moment des faits, raconte ce qu'ils ont vécu et dénonce l'acte homophobe dont ils ont été victimes.

Samedi soir Julien Pontes et son mari, Serge, rentrent d'une soirée entre amis. Une fois devant chez eux, ils croisent trois jeunes hommes qui leur demandent une cigarette. Julien, président du Paris Foot Gay, association fondée pour lutter contre l'homophobie dans le sport, est en train de finir la sienne. Sans se méfier, il répond qu'il n'en a plus. Les trois hommes deviennent alors très violents.

L'un d'eux tient dans sa main une antenne de voiture et s'en sert pour fouetter Julien au visage pendant qu'un autre l'immobilise. Sous le choc, Serge tente d'ouvrir la porte de leur maison pour qu'ils puissent s'y réfugier. Il est alors à son tour frappé à l'oreille. Les coups pleuvent, ponctués de propos homophobes puis les trois agresseurs s'enfuient. Ce lundi, Serge Pontés raconte en exclusivité sur RMC ce qu'ils ont vécu.

"Il commence à fouetter mon mari"

"Au moment d'arriver devant chez nous, trois jeunes garçons sont arrivés en face. L'un d'entre eux avait un petit objet long et effilé que j'ai pris pour une cravache. Mais je n'ai pas eu la présence d'esprit de réagir plus que cela… Là, le premier vient vers moi et veut essayer de rentrer en me poussant à l'intérieur. Le deuxième attrape mon mari et le troisième, qui a sa cravache, commence à fouetter mon mari", témoigne-t-il encore sous le choc.

"Je vois alors l'état de mon mari: il a d'énormes traces rouges sur le visage, l'arcade sourcilière, le nez…, poursuit Serge Pontes. J'essaye alors de repousser l'intrus pour l'empêcher d'entrer dans le bâtiment. Au moment où j'arrive à le remettre dehors, je prends deux-trois coups dont un à l'oreille et sur l'avant-bras." Choqués et très marqués physiquement, Serge et Julien ont décidé d'aller porter plainte au commissariat.

"Il nous a dit quelque chose comme 'sale pédé'"

"On a ramassé ce avec quoi ils nous ont frappé. Les policiers nous ont alors expliqué qu'il s'agissait d'une antenne de voiture qu'ils avaient arraché certainement peu de temps auparavant", décrit encore Serge sur RMC. Il ajoute: "On se dit qu'on aurait pu perdre un œil, que les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves…"

Et Serge Pontes de conclure, exaspéré: "Celui qui fouettait mon mari, nous a dit quelque chose du style 'sale pédé' ou 'gros pédé' quelque chose comme ça… Je pense que quand on voit deux garçons qui arrivent devant chez eux, on ne vient pas demander une cigarette de manière innocente. On en a trop vu des agressions comme ça".

Maxime Ricard avec Anaïs Denet