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Agriculteurs: "Des Bretons qui font 1.200 km en tracteur, c’est du jamais vu!"

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TEMOIGNAGES – Ce jeudi, les agriculteurs de toute la France se lancent à l’assaut de la capitale. Objectif : se faire entendre par le gouvernement. Ce jeudi, RMC donne la parole aux agriculteurs.

Les agriculteurs se lancent à l’assaut de la capitale. Ce jeudi, les Franciliens vont devoir faire sans leur voiture s'ils ne veulent pas passer des heures dans les bouchons. Plus d'un millier de tracteurs sont attendus (1.512 selon les organisateurs), à l'appel de deux syndicats, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Entre 4.000 et 5.000 agriculteurs viennent en bus et en train dans la capitale.

Depuis 6h, les cortèges convergent vers la Porte de Vincennes (12ème arrondissement). Ils partiront des autoroutes A1, A4, A6, A10 et A13 pour rejoindre le boulevard périphérique et enfin la Porte de Vincennes. Tous les tracteurs devraient stationner dans le quartier. Un périmètre de sécurité a été délimité par la police. À partir de 8h environ, la circulation y sera interdite.

Les agriculteurs devraient quitter le centre de Paris vers 17 heures. La circulation sur les principaux axes restera difficile jusque tard dans la soirée. Un grand rassemblement se tient place de la Nation à Paris à partir de 9h. Des délégations de la FNSEA et JA seront également reçues à l’Assemblée nationale (10h30) et au Sénat (7h). Xavier Beulin, Président de la FNSEA. Ils seront ensuite reçus à Matignon à 12h par Manuel Valls.

"La misère s'est installée"

Ce jeudi, RMC donne la parole aux agriculteurs. Cédric est un jeune agriculteur qui vient de s'installer, éleveur laitier dans l'Indre et Loire. Pour lui, le gouvernement n'aura pas le choix. Il va devoir proposer des mesures concrètes.

"1.500 tracteurs sur Paris, ça va faire beaucoup de bruit, ça va déjà être énorme", a-t-il estimé sur RMC. "Honnêtement, pour que les Bretons montent autant, c’est qu’il y a un vrai ras-le-bol. Il y a vraiment une misère qui s’est installée et aujourd’hui, on n’en peut plus. Et qu’il y a besoin que les choses changent, que les prix soient là et que les normes arrêtent de s’empiler les unes sur les autres. Si demain, on veut encore avoir des agriculteurs en France, il faut que le gouvernement mette les moyens sur la table".

"Les campagnes vont s'enflammer"

Daniel, lui, est éleveur laitier. De toute sa vie d'agriculteur, c'est la première fois qu'il vit une telle mobilisation.

"Mais vous rendez-vous compte?", s’est-il interrogé. "Des Bretons qui vont faire 1.200 km en tracteur, c’est du jamais vu! Ca montre cette détermination et aussi cette détresse. Parce que vous savez, quand on n’a plus rien à perdre… Eh bien voilà où l’on en arrive! Si jamais on n’a pas de décision aujourd’hui, on va vers une situation dramatique. Je crois que les campagnes vont s’enflammer. Là, il y a un point de non- retour, on ne peut plus continuer comme ça ! On est arrivé au bout du bout".

"On monte par solidarité avec les éleveurs"

Enfin, Charles est céréalier près de Senlis, dans l'Oise. Lui a eu de bonnes récoltes cet été, mais il a décidé de se déplacer en tracteur aujourd'hui sur la capitale par solidarité pour les autres agriculteurs, les éleveurs notamment.

"Nous les céréaliers, on a eu une bonne récolte, une bonne moisson", a-t-il indiqué. "Donc on monte par solidarité par rapport aux éleveurs. J’ai un copain éleveur laitier qui me racontait qu’aujourd’hui, il lui manque 2 centime par litre pour gagner sa vie. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, il travaille à perte. On n’a pas envie de monter, de passer trois heures sur le tracteur et que ça ne bouge pas. Quand on regarde les Bretons qui sont partis mardi matin, qui dorment dans les bétaillères… Moi j’espère qu’ils ne sont pas montés pour rien, que ça va faire bouger les choses!"