RMC

Agriculteurs en colère: "On est venu pour rien!"

Près de 4.500 agriculteurs ont manifesté jeudi place de la Nation à Paris.

Près de 4.500 agriculteurs ont manifesté jeudi place de la Nation à Paris. - AFP

TEMOIGNAGES - Les 4.500 agriculteurs venus manifester à Paris n'ont pas été convaincus par les annonces de Manuel Valls. RMC s’est rendue jeudi soir place de la Nation, pour recueillir leurs réactions. Beaucoup se disent très déçus.

Ils étaient venus à Paris plein d'espoir, ils sont finalement repartis déçus. Les 4.500 agriculteurs présents jeudi place de la Nation à Paris n'ont pas été convaincus par les annonces de Manuel Valls. L'exécutif a prévu une rallonge de 85 millions d'euros par rapport au plan d'urgence dévoilé en juillet, sous forme d'effacements et d'allègements de cotisations et charges sociales.

Le Premier ministre a promis une année blanche en 2015 pour le remboursement des dettes bancaires des agriculteurs en difficulté. Enfin, les aides totales de l'État aux agriculteurs seront portés à 3 milliards d'euros en 3 ans.

"L'Etat se fout de notre gueule!"

Les agriculteurs, eux, disent ne pas vouloir de nouvelles aides, mais seulement obtenir un prix rémunérateur pour leur production. En venant à Paris, pour manifester, ils avaient un peu d'espoir... Au final, pour ces milliers d'agriculteurs, ce déplacement n'aura servi à rien.

Taguer le sol de la place de la nation, "Nous n'en resterons pas là", en grosses lettres rouge, c'est un peu tout ce qu'il reste à ce jeune éleveur pour se révolter.

"On est dégoûté parce qu’on est venu pour rien", s’indigne-t-il au micro de RMC. "Les taxis bloquent l’autoroute, ils obtiennent quelque-chose. Nous, on est incapable d’avoir quoi que ce soit. L’Etat se fout de notre gueule!"

"On nous a promené"

Même colère chez Isabelle et Sandrine, deux éleveuses qui repartent en bus, dans la Creuse, sans n’avoir rien obtenu.

"Nous, on n’est pas venu demander des aides", insiste Isabelle. "On est venu demander à ce qu’on nous paye le prix que valent nos produits. On nous a berné, on nous a promené. On n’est venu pour rien, pour des prunes".

Emmanuel, lui, remonte sur son tracteur, en de direction l'Ille-et-Vilaine: 400 km, dix heures de route.

"Je suis déçu", confie-t-il. "Ma femme est restée faire le travail, pendant trois jours. Donc là, qu’est-ce que je vais lui dire? Je vais lui dire qu’on a toujours 200.000 euros de dette!"

Seul réconfort du voyage: les marques de soutien des automobilistes et des parisiens à l'égard du monde agricole.

C. P. avec Marie Regnier