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Air Cocaïne: "J'ai fait le choix de rester en République dominicaine pour me défendre loyalement"

Nicolas Pisapia a été condamné à 20 ans de prison en première instance.

Nicolas Pisapia a été condamné à 20 ans de prison en première instance. - Erika Santelices - AFP

TÉMOIGNAGES - Le procès en appel de l'affaire Air Cocaïne s'ouvre ce jeudi en République dominicaine. Mais l'audience débutera des deux pilotes qui se sont évadés pour la France. Resté sur place Nicolas Pisapia espère que sa "bonne conduite" jouera en sa faveur.

Nicolas Pisapia a passé 15 mois dans les geôles dominicaines et n'a pas envie d'y retourner. Assigné à résidence, il doit être rejugé devant par la justice dominicaine ce jeudi. En mars 2013, il était le passager du vol arrêté sur le tarmac de Punta Cana, en compagnie de deux pilotes et d'un membre d'équipage.

A bord, les autorités dominicaines avaient découvert 700 kg de cocaïne dans 26 valises à bord de l'appareil. En août 2015, les quatre hommes avaient été condamnés à 20 ans de prison. Mais après une évasion rocambolesque, Bruno Odos et Pascal Fauret, les deux pilotes, se sont enfuis vers la France en octobre dernier avant le procès en appel.

Seul accusé présent au procès

Resté sur place, Nicolas Pisapia, sera le seul accusé à la barre. Après un accident de voiture, Alain Castany, le membre d'équipage ne pourra pas être présent. Mais Nicolas Pisapia espère beaucoup de ce nouveau procès qui s'ouvre.

"J'ai fait le choix depuis le début de rester en République dominicaine pour me défendre loyalement, devant la Cour d'appel en particulier", explique l'homme de 38 ans. On craignait un peu que je sois exposé par rapport à la fuite des deux pilotes, mais je pense que nous sommes toujours inscrits dans une démarche de loyauté vis-à-vis de la juridiction. Nous attendons que la Cour d'appel reconnaisse mon innocence".

Ses parents, qui vivent à Velaux dans les Bouches-du-Rhône sont eux persuadés de son innocence. Ils espèrent aussi que le fait qu'il ne se soit pas évadé joue en sa faveur.

"S'il s'était échappé, c'était un peu reconnaître sa culpabilité, assure Dominique sa mère. Il est là-bas, il attend sereinement son procès. Les avocats vont certainement pouvoir s'exprimer, parce qu'au premier procès, ils n'ont pas pu s'exprimer correctement."

Les deux pilotes pas représentés au procès

Du côté des deux pilotes en cavale, on continue de dénoncer la justice dominicaine. L'avocat de Bruno Odos et Pascal Fauret ne sera pas présent au procès, ses clients ne seront pas non plus représentés par d'autres avocats.

"Un avocat qui voudrait défendre Pascal Fauret ou Bruno Odos est en danger parce qu'il se rendrait complice de notre évasion entre guillemets, estime Me Jean Reinhart. Les avocats qui nous ont accompagnés très courageusement jusqu'à maintenant nous ont fait savoir qu'ils ne pouvaient plus tenir leur poste. Je ne sais pas si un procès où on n'a pas la parole c'est un vrai procès" estime-t-il.

Quelques jours après leur arrivée en France, les deux pilotes ont été incarcérés.

Carole Blanchard avec Lionel Dian