RMC

Alain Minc sur RMC: "Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont pareils"

Alain Minc

Alain Minc - Capture d'écran

Alain Minc était l’invité du Grand oral des GG ce lundi. Migrants, présidentielles 2017 et éducation: l’ancien conseiller politique de Nicolas Sarkozy a livré ses impressions sur l’actualité.

Il a été le visiteur du soir à l'Elysée, durant le mandat de Nicolas Sarkozy. Il est également pêle-même: économiste, essayiste, hommes d'affaires, et membres de plusieurs conseils d'administration. Invité des Grandes Gueules de RMC, ce lundi, Alain Minc a fustigé le pessimiste ambiant en France, véhiculé par plusieurs intellectuels influents.

"Alain Finkelkraut et Michel Onfray ont peur de l’avenir, ils pensent que le passé était mieux", a-t-il estimé. "Certains problèmes sont plus difficiles aujourd'hui, c'est vrai, mais ils ne sont pas insurmontables. Il est temps d’être tonique et fier de notre pays."

Sur le question très actuelle des migrants, il juge que la France est en train de passer à côté d'une opportunité.

"Quand un pays n’est plus capable d’attirer, il est en train de se nécroser", affirme-t-il. "Les migrants ne viennent pas pour nos prestations sociales comme certains le disent. Ils préfèrent avoir un boulot."

Chantre de la discrimination positive

Lui-même fils de parents polonais, il a rappelé ne pas être "au départ destiné à devenir un produit du système méritocratique à la française. Mais, pensez que le Premier ministre et la maire de Paris sont des naturalisés, c’est extraordinaire ! La France doit en être extrêmement fier."

"Je pense que François Hollande aurait pu jouer plus large, qu’on aurait pu recevoir plus de migrants. Ce n’est pas l’immigration qui crée le chômage."

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy plaide par ailleurs pour la discrimination positive.

"Il y a très peu de gosses d’origines beurs dans les meilleures écoles", a-t-il estimé. "Alors j’ai eu une idée très scandaleuse. Les gosses qui ont fait leur scolarité en ZEP ou en LEP, le jour où ils se présentent au concours d’une grande école, ils ont des points en plus, ajoutant que la discrimination géographique se superpose à la discrimination"ethnique".

Il a également vanté la promotion par le mérite, jugant que "l’égalitarisme fabrique l’inégalité."

"François Hollande n'a pas fait les réformes dont on a besoin"

Alors que les régionales de décembre approchent à grands pas et que la campagne pour l'élection présidentielle de 2017 est officieusement lancée, celui qui a conseillé Nicolas Sarkozy durant plusieurs années, soutient...son principal rival Alain Juppé.

"L’honneur de ce pays exige que Madame Le Pen ne soit pas en tête au premier tour de l’élection présidentielle, et qu’elle soit laminée si elle se trouve au deuxième tour", estime-t-il. "Pour cela, il faut qu’un candidat de droite ne soit pas en face d’un candidat du centre au premier tour. Et que ce candidat ait une image telle que la gauche n’ait aucune difficulté à voter pour lui. Avec ces deux critères, on retrouve Alain Juppé."

L'essayiste se montre, paradoxalement, à la fois indulgent et critique envers le chef de l'Etat actuel. "François Hollande a eu plutôt une bonne politique étrangère mais n’a pas fait les réformes dont ce pays a besoin. Il sait ce qu’il faut faire, mais s’il est réélu, ce seront les mêmes au Parlement. Même si Macron est Premier ministre, le Parlement refusera les réformes. Il faut un homme politique qui ne recherche pas sa réélection fasse les 4 ou 5 réformes qu’il faut faire."

L'essayiste a également fustigé le populisme politique. "Mélenchon et Le Pen sont les mêmes", juge-t-il. "Le racisme en plus pour l’un, car Mélenchon est un vrai Républicain. La démocratie n’est pas confortable mais c’est ce qui marche le mieux", a-t-il conclu.