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Alain Nicolas, gendarme du GIGN tué à Gassin: "C'était un chef charismatique, exemplaire"

Alain Nicolas est le deuxième gendarme du GIGN à perdre la vie en opération (illustration)

Alain Nicolas est le deuxième gendarme du GIGN à perdre la vie en opération (illustration) - AFP

PORTRAIT - Alain Nicolas, gendarme du GIGN, a été tué samedi à Gassin dans le Var lors d'une intervention menée pour maîtriser un forcené de 80 ans. Il reçoit ce mercredi les honneurs militaires à Orange.

Il est le deuxième gendarme du GIGN à perdre la vie en opération depuis la création de cette brigade d'élite en 1973. L'adjudant Alain Nicolas reçoit les honneurs militaires mercredi à Orange. Une cérémonie en présence du ministre de l'Intérieur pour rendre hommage à ce gendarme décédé samedi dernier à Gassin dans le Var. Le GIGN intervenait pour interpeller un homme de 80 ans qui avait tiré un peu plus tôt sur son ex-femme.

Les cas de forcenés sont parmi les plus risqués pour les forces de l’ordre, l’adjudant Nicolas le savait. En posant le pied à Gassin samedi, il a en tête une intervention similaire qui a marquée son unité en décembre dernier. Un policier municipal tué et un autre blessé à Cavalaire, par un retraité qui s’en est pris à sa femme. Le GIGN d’Orange avait été déployé pendant plus de 24 heures avant que l’homme se tire une balle dans la tête. Alain Nicolas avait participé de bout en bout à l'opération. Alors samedi, il avait une nouvelle fois minutieusement préparé sa mission. Mais le forcené l'a surpris avec son coéquipier alors qu'il progressait dans la propriété. L'adjudant a été mortellement touché à la gorge. Le forcené a ensuite retourné l’arme contre lui.

"Sa voix comptait dans l’unité, il était respecté"

Alain Nicolas était pourtant "extrêmement rigoureux" selon son supérieur. L'adjudant tirait notamment son expérience de quatre ans en Guyanne au peloton d’intervention. Il avait rejoint le GIGN d’Orange en 2014. A 38 ans, le militaire était sur le point de passer chef de groupe, adjoint du chef d'unité, la reconnaissance de ses qualités opérationnelles, et de commandement après 16 ans passé dans la compagnie. "Il dégainait des fiches sur tous les sujets possibles", confie un camarade, "du matériel d’aérocordage pour les descentes d’hélico, aux techniques de secourisme auxquelles il formait ses jeunes collègues. Sa voix comptait dans l’unité, il était respecté".

"Il dégageait toujours beaucoup de sérénité, mais aussi de détermination", témoigne le capitaine Arthur*. Le chef du GIGN d’Orange a travaillé deux ans avec Alain Nicolas. Il évoque un militaire "exemplaire, rayonnant, un chef charismatique, tourné vers les autres. Au fil des opérations et de nos discussions, ce qui revenait c’est cette assurance qu’on œuvrait pour le bien commun, qu’on était prêt à se sacrifier. C'est le sacrifice ultime pour Alain. Et maintenant pour nous, ce n’est plus une simple idée, c’est une réalité, dramatique et triste. Mais on sait ce qu’il aurait voulu qu’on fasse, qu’on continue".

La mort en opération ? Alain Nicolas l’avait envisagée. Sa famille a d’ailleurs découvert qu’il avait tout préparé au cas où le pire arriverait. Il laisse derrière lui une femme et deux enfants de 11 et 7 ans.

*capitaine Arthur : nom modifié pour des raisons de sécurité

Claire Andrieux