RMC

Alexandre, policier agressé: "Beaucoup de colère" et "incompréhension totale" après la relaxe de huit prévenus

Le tribunal correctionnel de Lyon a prononcé deux condamnations à de la prison ferme et huit relaxes, dans l’affaire de la violente agression subie par un policier devant son domicile en juin 2020 à Lyon. Dans "Apolline Matin", ce mercredi sur RMC et RMC Story, Alexandre, la victime, a fait part de son incompréhension.

Qui a fait quoi ? Et à quel moment ? Le tribunal correctionnel de Lyon a estimé ce mardi qu’il n’avait pas d’éléments suffisants pour établir la participation de huit des dix prévenus dans l’affaire de l’agression d’un policier en juin 2020. Hors-service, il avait été violemment frappé à coups de poing, de pied et avec une barre de fer, alors qu'il rentrait d'une soirée avec sa compagne. Il avait subi 45 jours d'incapacité totale de travail (ITT), souffrant notamment d'une triple fracture à la cheville. Deux hommes âgés de 19 et 20 ans ont été condamnés à cinq ans d'emprisonnement, dont 30 mois avec sursis, pour violence aggravée par trois circonstances : en réunion, avec arme et sur dépositaire de l'autorité publique.

Pour Alexandre, la victime de cette agression, "il y a eu beaucoup de colère à l’annonce du verdict". "Ça s’est estompé depuis, ça a laissé place à de l’incompréhension totale. L’ensemble des protagonistes judicaires avait vraiment fait un travail extraordinaire, que ce soit les enquêteurs, la juge d’instruction ou la procureure. C’est très, très dur de comprendre le verdict de la juge", a-t-il expliqué ce mercredi dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story. Il "espère sincèrement" que le parquet fera appel.

>> Tous les podcasts d'"Apolline Matin" sur RMC

"Je ne sais pas si je pourrai remarcher correctement"

"Avec ma compagne, on a ce sentiment d’injustice quand il y a huit personnes relaxées sur dix, a ajouté Alexandre. Avec la préventive, les deux personnes condamnées à deux ans de prison n’iront jamais en prison. C’est un peu comme s’il n’y avait pas eu de condamnation. C’est très difficile à accepter quand vous avez été laissé pour mort en bas de chez vous et qu’on s’en est pris à votre compagne. En tant que policier, c’est douloureux aussi quand ça fait des années que vous travaillez pour une institution et que vous avez affaire à la justice tous les jours dans votre quotidien."

Pour Alexandre, les conséquences de cette violente agression sont encore très présentes. "Tant que la procédure judiciaire est en cours, c’est extrêmement difficile de passer à autre chose, explique le policier. A chaque moment de l’enquête, pour les convocations, pour passer devant le tribunal, ça vous replonge dans ce qu’il s’est passé. Ça m’a fait revivre les sensations que j’avais. Il y a beaucoup de séquelles avec lesquelles je dois vivre. Il y a des séquelles physiques, jusqu’à ce que je me fasse réopérer. Je ne sais pas si je pourrai remarcher correctement. C’est très difficile de reprendre le travail. J’ai repris, mais pas dans les conditions les plus idéales." Et il essaye de croire encore en son métier.

"Croire en mon métier… C’est une bonne question. On est obligé de croire en son métier, confie Alexandre. Je suis rentré dans la police par vocation. Je ne peux pas me laisser avoir par ce genre de ressentiment. On essaye d’y croire, on fait ce qu’on a à faire."

LP