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Allocation handicap modifiée: "Comment un gouvernement dit 'social' peut-il faire ça?"

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Mieux vaut ne pas avoir trop d'argent de côté lorsque l'on est handicapé. L'épargne pourrait bientôt être prise en compte dans le calcul de l'allocation adulte handicapé (AAH) et donc sérieusement diminuer pour les épargnants handicapés.

Colère des associations de défense des personnes handicapées. L'article 33 du projet de loi de finances, adopté en première lecture à l'Assemblée, prévoit de prendre en compte les intérêts de l'épargne non imposable (livret A, livret jeune, livret d'épargne populaire) dans le calcul de l'Allocation adulte handicapé (AAH) qui est de 807,66 euros maximum par mois. Conséquence : si une personne a de l'argent de côté, son allocation risque de sérieusement baisser.

Pour les bénéficiaires de cette prime c'est une catastrophe. Certains voient même un moyen pour le gouvernement de faire des économies sur le dos des plus démunis. Inadmissible de la part d'un gouvernement de gauche peste Latifa Juliotte, président du mouvement Handicap physique et social: "Déjà les gens ont du mal avec 800 euros, quand ils vont se retrouver avec 600-700 euros, ça va être l'horreur. Que cherche l'Etat? Ce n'est pas sur le dos des personnes qui sont le plus démunis que l'on va récupérer de l'argent. Comment un gouvernement dit 'social' peut-il faire ça?"

"Ils vont perdre une somme colossale"

Certes l'allocation adulte handicapé a été revalorisé de 7 euros par mois en septembre mais les handicapés qui épargnent risquent de perdre beaucoup plus. Véronique Bustreel, conseillère nationale en charge des ressources à l’association des paralysés de France a sorti sa calculette et calculé le manque à gagner pour une personne dont le livret A est au plafond (22 950 euros): "Pour un tout petit gain issu des livrets, ils vont perdre une somme colossale annuellement. Il faut avoir plus de 20.000 euros sur un livret A pour un équivalent de 200 euros par an d'intérêt sur les livrets. Et ces 200 euros par an vous font perdre l'équivalent de 104 euros au minimum ou 175 euros par mois".

L'article n'ayant pas été définitivement adopté, les associations de défense de personnes handicapées exigent du gouvernement qu'il le retire. Véronique Bustreel espère que le gouvernement reviendra sur cet article du projet de loi: "Comme le texte n'est pas voté, le gouvernement a tout à fait la main pour dire 'stop on n'avait pas vu les erreurs, on fait marche arrière', on espère vivement que ce sera ce cas-là".

La rédaction avec A.R.