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Alstom Belfort: "Est-ce qu’on veut faire de la France un désert industriel?"

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Alstom veut transférer sa production en Alsace, une décision qui touche 400 salariés, alors que l’Etat est actionnaire du constructeur de train.

Damien Meslot, député-maire (LR) de Belfort.

"D’abord ce qu’il faut dire c’est qu’Alstom gagne de l’argent. Et sur le site, il y a encore deux ans de travail. Pourquoi cette précipitation? C’est incompréhensible. Il y a un savoir-faire, une technologie qui n’existe nulle part ailleurs. Donc j’ai fait une lettre à François Hollande pour lui demander de faire pression sur la direction d’Alstom.

Le gouvernement peut le faire: l’Etat possède 20% au capital d’Alstom. Il a la commande publique: c’est lui, par le biais de la SNCF, qui passe des commandes à Alstom. En 2004, quand il y avait des difficultés, Nicolas Sarkozy avait réussi à sauver Alstom en faisant prendre 21% du capital à l’Etat. Donc il n’y a aucune raison que le gouvernement ne fasse pas de même cette fois-ci.

"Si on transfère c’est qu’il y a de la commande, donc le site peut rester ouvert"

On nous dit 'on ferme le site de Belfort parce qu’il n’y a plus assez de commandes'. Donc on va transférer les 400 salariés de production à Reichshoffen. Mais s’il n’y a plus de commande, à ce moment-là il faut licencier les gens! Si on transfère, c’est qu’il y a de la commande, donc le site peut rester ouvert. Il y a une contradiction dans les décisions qui sont prises. C’est d’autant plus incompréhensible qu’Alstom fait des bénéfices. 

Le site de Reichshoffen est à 2h15 de Belfort. Beaucoup des salariés vont choisir de ne pas y aller. Quand votre maison est à Belfort, quand vous avez votre conjoint qui travaille à Belfort, vous n’allez pas prendre le risque d’abandonner votre travail pour aller à Reichshoffen. Pourquoi? Pour qu’on vous annonce dans trois ans la fermeture d’un autre site?

"Macron avait pris l’engagement de maintenir le site"

On aurait pu ne pas en arriver là. Surtout qu’Emmanuel Macron est venu en mai 2015 sur le site de Belfort, et il avait pris l’engagement de maintenir le site, en nous annonçant qu’il n’était pas menacé et même stratégique non-seulement pour Belfort, mais pour la France. La question, au-delà du site de Belfort, c’est de savoir si on veut garder de l’industrie en France ou si on veut faire de la France un désert industriel".

AM