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Alstom: "C'est une logique de mauvaise foi car l'Etat a très peu de moyens de pression sur cette société"

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L'Etat peut-il sauver les 400 salariés du site Alstom de Belfort? Les syndicats le souhaitent vivement. Mais l'économiste Jacques Sapir estime que l'exécutif ne pourra pas grand-chose.

La réunion interministérielle de crise convoquée après l'annonce par Alstom de l'arrêt de la production de trains à Belfort s'est ouverte lundi matin à l'Elysée autour de François Hollande pour examiner "tous les aspects du dossier".

André Fages, délégué syndical CFE CGC chez Alstom, espère que l'Etat va les défendre face à la direction d'Alstom: "Le mot fermeture est banni de mon vocabulaire de celui d'un grand nombre de personnes de Belfort qui sont aujourd'hui atterrées et abasourdies. Elles encaissent le choc. Que peut faire le gouvernement? Taper du poing sur la table et se montrer beaucoup plus ferme qu'il ne l'a été jusqu'à maintenant. On a besoin de l'exécutif, c'est notre dernière chance".

"Sarkozy avait sauvé Alstom"

Damien Meslot, le maire LR de Belfort, souhaite aussi que l'Etat intervienne. Il a même envoyé une lettre ouverte à François Hollande: "Je rappelle qu'en 2004 quand il y avait eu des difficultés à Alstom, Nicolas Sarkozy qui était à l'époque ministre de l'Economie avait fait prendre à l'Etat une participation de 21%. Il avait sauvé Alstom. Ce qui était possible une fois doit être possible une deuxième fois, je lance un appel solennel, j'ai fait une lettre ouverte au président de la République pour que l'Etat intervienne fortement. L'Etat possède 20% du capital, il a la commande publique. On vient de lancer le TGV du futur. Si on accélère les commandes publiques, on pourra maintenir le site de Belfort".

Mais pour l'économiste Jacques Sapir, l'Etat ne peut pas vraiment peser même s'il est actionnaire à 20%: "On est dans une logique de mauvaise foi car l'Etat sait très bien qu'il a très peu de moyens de pression sur la société Alstom. La seule chose que l'Etat pourrait obtenir, ce sont des conditions sociales peut-être plus avantageuses pour les travailleurs licenciés ou les travailleurs qui vont être mis en préretraite mais cela ne règlerait absolument pas le fond du problème qui est la perte des compétences accumulées dans cette usine qui sera absolument totale avec la fermeture de l'usine".