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Altercation à Sisco: "les représailles font peur"

Deux jours après une violente rixe qui a opposé 3 familles de confession musulmane et un groupe de jeunes Corses de Sisco, dans le village, la colère et la peur dominent.

Aucun incident n'est à déplorer cette nuit après les heurts entre trois familles de confession musulmane et des jeunes du village de Sisco, situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Bastia. Cinq personnes ont été blessées. Selon une jeune fille témoin de la scène, la rixe a éclaté car plusieurs femmes se baignant en burkini étaient prises en photo par des touristes. Des insultes ont été proférées par un groupe de jeunes gens de confession musulmane.

A Sisco, les habitants, la situation reste tendue. Alexia, Maggie et Valérie habitent toutes les trois à Sisco. Attablées à la boulangerie du village, elles font et refont la chronologie des événements. Toutes les trois ont la même crainte. "Les représailles font peur, on ne sait pas ce qui peut se passer", estime l'une. "Je pense que cela risque de prendre de très grosses proportions", craint l'autre. "C'est un climat de peur, donc ça peut engendrer des choses très graves".

Valérie, mère de famille, veut apaiser les plus jeunes: "J'appelle au calme. C'est passé, maintenant ça suffit! Il faut en parler aux personnes plus mûres, on a plus de recul et on n'a vraiment pas envie que ça dégénère, il faut protéger la jeunesse".

"On ne se laissera pas faire"

Mais Maggie prévient: "Les jeunes ont pleuré toute la journée, ils sont choqués psychologiquement. Ça aurait été des Italiens, des Suisses, qui auraient mis un couteau sous la gorge d'un de nos enfants, ça aurait été pareil. On n'acceptera aucune interpellation de notre côté. On ne se laissera pas faire".

Le maire PS de Sisco, Ange-Pierre Vivoni, invité dans Bourdin Direct ce lundi, a annoncé qu'il prendrait un arrêté pour interdire le burkini: "Si je prends cet arrêté, c'est pour protéger ces deux communautés. On sent la tension monter, cette méfiance. Il ne faut pas que la violence s'installe. (…) En Corse, le feu couve depuis longtemps. Nous sommes sur des charbons ardents. Nous savons parfaitement que certains intégristes n'attendent que cela".

Les habitants attendent désormais les premiers retours de l'enquête à la section de recherche d'Ajaccio.

P.B. avec Marie Monier