RMC

Annulation de kermesses à cause de l'état d'urgence: "Je trouve ça exagéré"

Dans certaines écoles du Nord, les kermesses de fin d'année ont été annulées (illustration)

Dans certaines écoles du Nord, les kermesses de fin d'année ont été annulées (illustration) - FRED DUFOUR / AFP

REPORTAGE - Dans certaines communes du Nord, les fêtes scolaires de fin d'année ont été annulées à cause du contexte terroriste et de l'état d'urgence. C'est le cas par exemple à l'école du Capreau, à Wasquehal, près de Lille.

C’est la dernière ligne droite pour les élèves. Pour ceux qui ne sont plus en vacances, le troisième trimestre vient de commencer. En plus de la perspective des grandes vacances, il y a aussi celle des kermesses. Mais dans certaines communes du Nord, ces festivités de fin d'année ont été annulées par crainte d’un attentat. Des décisions prises directement par les directeurs d'école, aucune consigne n’ayant été donnée par le ministère de l'Éducation. Celui-ci se contente de rappeler aux recteurs d’académie les règles de sécurité à observer dans le cadre de Vigipirate.

"On aurait dû la laisser"

Alors qu'elle devait avoir lieu mi-juin, la kermesse de fin d'année a par exemple été annulée à l'école du Capreau à Wasquehal, près de Lille. Si les élèves ont conscience du risque d'attentat pour en parler régulièrement en classe, ils ne comprennent pas forcément la décision prise par la direction. "On aurait dû la laisser", estime ainsi Emma, élève de CM1. "On aurait pu s'amuser, danser… C'est la fin de l'année, on aurait bien aimé passer des derniers bons moments avec nos amis", regrette pour sa part le petit Virgile.

Un sentiment partagé par certains parents d’élèves. Pour Nathalie, annuler la kermesse revient à tomber dans le piège des terroristes: "Ils sèment la terreur un peu partout. Ils y arrivent bien et c'est au détriment de nous tous. C'est fort regrettable". Et d'ajouter: "Sincèrement, je trouve ça exagéré. Je pense que cela aurait pu être maintenu".

Aucune directive du ministère

Même si aucune directive n’a été donnée par le ministère, les consignes de sécurité dans le cadre de Vigipirate sont draconiennes. Inapplicables même pour Pierre Schiettecatte, le directeur d’école. "Il faudrait contrôler toutes les entrées, savoir qui rentre, qui sort. C'est quasiment impossible à faire pour une fête d'école, assure-t-il. Cela nécessite du monde et que l'on connaisse tous ceux qui rentrent, les oncles, les tantes, les grands-parents…".

Pour le moment, Vincent Ledoux, député-maire Les Républicains de Roncq (Nord), n'a pris aucune décision quant au maintien ou non des kermesses dans sa commune. Il interpelle le ministère de l’Éducation nationale pour clarifier les choses: "On demande beaucoup de précaution aux parents d'élèves, aux directeurs d'écoles et aux maires sans donner de consignes. S'il y a un véritable danger, il faut nous le dire. Il faut que quelqu'un nous dise si l'on peut ou pas organiser les kermesses".

M.R avec Lionel Top