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Najat Vallaud-Belkacem sur RMC: "Les enseignants du primaire vont être augmentés"

La ministre de l'Éducation a répondu aux questions des auditeurs d'RMC, ce mardi. Elle a notamment annoncé une revalorisation de salaire pour les enseignants du premier degré avant la rentrée prochaine.

Remplacements des enseignants, salaires, port du voile à l'université… la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem a répondu aux questions des auditeurs d'RMC ce mardi. Retrouvez ici l'essentiel de ses réponses.

>> Le salaire des enseignants du primaire "bientôt revalorisé"

"Ça ne va pas tarder. J'estime clairement légitime la revendication d'une augmentation des salaires des enseignants du premier degré (des écoles primaires, ndlr) qui ont un écart avec leurs collègues du secondaire. Ils seront augmentés, évidemment. C'est plus que légitime et ils peuvent compter sur moi. L'idée c'est que cela entre en vigueur à la rentrée prochaine. Il y aura des annonces prochaines sur ce sujet".

>> Le problème des non-remplacements d'enseignants

"Les absences de plus de 15 jours sont quasi-parfaitement remplacées. Mais les résultats sont moins satisfaisants concernant les remplacements de moins de 15 jours. Mais notre vivier de remplaçants des enseignants a été anéanti sous l'ancien quinquennat (de Nicolas Sarkozy). Les 80.000 postes qui ont été supprimés dans l'Éducation nationale l'ont été notamment dans ce vivier. Nous sommes en train de le reconstituer aujourd'hui, mais cela ne peut pas se faire en quatre ans. Mais à la rentrée beaucoup de choses vont être améliorées sur ce point".

"Une agence de remplacement d'enseignants absents ? Créer une agence spécifique pour ça, je vous laisse imaginer les coûts..."

>> Faut-il interdire le port du niqab à l'université ?

"Concernant le niqab, qui couvre intégralement le visage, il est interdit dans les espaces publics et donc à l'université. Concernant le voile, je ne suis pas pour l'interdiction par la loi. On a à faire avec des adultes".

"Il y a une liberté de conscience, une liberté religieuse qui fait qu'on ne va pas imposer les mêmes contraintes à des mineurs qu'à des étudiants. Je rappelle aussi que nos universités accueillent beaucoup d'étudiants étrangers. Va-t-on leur interdire l'accès aux universités parce que dans leur culture il y a tel type vestimentaire ? Je me réfère au principe de liberté à l'université parce qu'on a à faire à des jeunes majeurs".

>> Fumer à l'intérieur ou à l'extérieur des lycées ?

Après les attentats de novembre, "on a demandé aux chefs d'établissements d'éviter les attroupements de leurs lycéens à l'extérieur, et notamment pour fumer, parce qu'ils devenaient des cibles. Pour autant faut-il permettre de fumer dans la cour ? J'ai passé une instruction aux chefs d'établissements pour leur dire qu'il ne faut pas que cela remette en cause la loi Evin et pour qu'ils redisent aux élèves que fumer, c'est néfaste".

"L'à-peu-près bonne solution, c'est d'éviter la cigarette à l'intérieur du lycée, mais c'est en même temps dire aux lycéens que c'est dans leur intérêt de ne pas aller fumer à l'extérieur des lycées. C'est un travail compliqué".

>> Scolarisation des enfants de 2 ans: "Je suis pour de la souplesse"

"On développe beaucoup la préscolarisation des enfants avant 3 ans prioritairement dans les quartiers défavorisés et dans les zones rurales".

"C'est dans les quartiers prioritaires qu'on constate que, difficultés sociales faisant, c'est là que les enfants ont des retards d'acquisition du langage. Si on veut prévenir ce creusement d'écart de langage, il faut les scolariser tôt".

"Mais ce n'est pas simple, car c'est aussi dans ces quartiers que les mamans sont plutôt au chômage et pensent du coup qu'il vaut mieux garder l'enfant à la maison. C'est quasiment une bataille culturelle de leur expliquer que c'est dans l'intérêt de leur enfant qu'il vienne (en maternelle dès 2 ans) se sociabiliser".

"De manière générale, je suis pour de la souplesse, qu'on puisse inscrire les enfants y compris au cour de l'année scolaire, parce que quand ils sont nés dans un mois qui tombe en pleine année scolaire (en janvier par exemple) c'est dommage d'attendre la rentrée scolaire prochaine pour les inscrire".

>> Annulations des kermesses et fêtes des écoles

Une auditrice a pointé du doigt les annulations de fêtes des écoles et kermesses en raison des risques d'attentats. "Je suis très attachée aux fêtes des écoles. Je sais l'importance (de ces fêtes). Après, il y a des contraintes de sécurité, mais je ne souhaite pas que la prudence devienne notre façon d'être partout en France y compris là où ce n'est pas justifié. S'il y a besoin de repréciser les choses (aux chefs d'établissements), je repasserai les instructions nécessaires".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin