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Apologie du terrorisme: les parents d'élèves décrivent un enfant "agité"

TEMOIGNAGES RMC - Mercredi, un enfant de huit ans a été entendu pendant trente minutes dans un commissariat de Nice, en présence de son père, suite à un signalement de son école pour apologie du terrorisme. Sur place, les parents d'élèves décrivent un enfant "agité" avec quelques problèmes de "violence".

La polémique enfle depuis deux jours. Mercredi, un enfant de huit ans a été entendu pendant trente minutes dans un commissariat de Nice, en présence de son père, suite à un signalement de son école.

"Il faut tuer les Français"

Selon la direction de l'établissement, l'enfant aurait refusé de participer à la minute de silence organisée au lendemain de la tuerie au siège de Charlie Hebdo. L'écolier aurait aussi tenu des propos de "solidarité" avec les terroristes. Selon la police, l'enfant aurait notamment dit dans l'enceinte de l'école: "Il faut tuer les Français", "les musulmans ont bien fait", "les journalistes méritaient leur sort". 

L'audition n'a pas permis de connaître l'origine de ces propos. Le directeur de l'école primaire a déposé une plainte à l'encontre du père pour "intrusion" dans l'établissement et pour "attitude menaçante". Najat Vallaud-Belkacem l'a dit, jeudi, l'enfant de huit ans est dans une situation familiale préoccupante.

"Des perturbations" à l'école

Ahmed est un enfant perturbé, agité, cela ne fait aucun doute pour les enseignants qui ont suivi son parcours comme en témoigne Gilles Jean, du syndicat SNU-IPP:

"Depuis la maternelle, il y a quelques problèmes de comportement, parfois de violence avec ses camarades, perturbations dans la classe, perturbations parfois à la récréation, déclare le syndicaliste à RMC. Là, c'est un problème effectivement d'éducation, mais j'ai envie de dire, pas uniquement au sein de l'école. Il y a aussi un problème d'éducation dans la famille".

"Un enfant un peu turbulent"

Même son de cloche chez les parents d'élèves, cette maman avait déjà repéré le comportement d'Ahmed.

"C'est plutôt des problèmes psychologiques. C'est un enfant un peu turbulent, un peu agité, témoigne-t-elle. Mais moi, je vous parle des parents. Parce que là, le problème, c'est plutôt les parents. C'est pas l'enfant…"

Ce comportement ne viendrait-il pas, justement, d'un environnement familial compliqué? Car l'école a alerté les services sociaux sur des soupçons de maltraitance de la part du père. Les deux frères cadets d'Ahmed, quatre et cinq ans, ont été entendus à ce sujet au commissariat.

"L'avenir de mon fils, c'est la France"

Sans s'expliquer sur ces soupçons de maltraitances, le papa d'Ahmed se dit être un bon père et ne pas être du tout à l'origine des propos de son fils sur les terroristes.

"Je lui ai posé la question s'il savait ce que c'était que le terrorisme. Il m'a dit non, raconte le père d'Ahmed au micro de RMC. Et après j'ai dit à son directeur, son maître et à une autre maîtresse que je suis désolé. Et lui, il s'est excusé. Nous, on ne parle pas de trucs comme ça devant un enfant. On est une famille laïque. Pour moi, l'avenir de mon fils, c'est la France, les valeurs républicaines…"

Mais le bras de fer n'est pas fini, car le père d'Ahmed a décidé, jeudi, de déposer plainte contre le directeur de l'école pour des actes de violence dénoncés par son fils. Il l'accuse notamment d'avoir tapé la tête du garçon contre un tableau et de l'avoir giflé.

C. P. avec Elodie Messager