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Appel au boycott des M&M's et autres confiseries: "On est naïf"

Sur BFMTV-RMC ce mardi, José Bové, eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts, a appelé au boycott des M&M's et des chewing-gums Hollywood. D'après lui, ces friandises contiennent des nanoparticules dont les effets pourraient être désastreux pour la santé. Une information méconnue du grand public comme a pu le constater RMC.

Quel est le point commun entre les chewing-gums, les M&M's ou encore le dentifrice ? Ils contiennent tous du E171, un additif chimique ! Sa particularité est d'être une nanoparticule, minuscule, qui peut ainsi facilement s'introduire dans les organes. Ce mardi, Jové Bové, invité sur RMC et BFMTV, a appelé à boycotter les produits qui contiennent ces nanoparticules, car ils pourraient être à l'origine de cancer.

Pour autant, si des études expérimentales ont montré que le E171 (un colorant ajouté pour fixer les couleurs ou pour rendre le produit plus blanc, ndlr) était bien susceptible de causer des cancers, en revanche aucune recherche n'a formellement prouvé le lien entre la consommation de cet additif et une maladie humaine. Mais jusqu'aux déclarations fracassantes de José Bové, ce colorant était totalement inconnu du grand public.

Le principe de précaution devrait prévaloir

"Je suis très étonnée parce qu'on ne sait pas ce qu'on mange, fulmine Sylvie rencontrée par RMC alors qu'elle était en train d'acheter un paquet de M&M's. On voit un beau paquet, coloré, joli. On en mange en grande quantité en sortant du boulot en se disant qu'il n'y a que du chocolat, du sucre, une cacahuète et un petit colorant alimentaire. On est naïf en fin de compte." Si aucun lien entre cancer et le E117 n'a donc été démontré, pour le toxicologue André Cicolella, le principe de précaution devrait tout de même prévaloir.

"Ces produits vont circuler dans les organismes et se placer dans des endroits comme le cerveau par exemple. Cela induit des réactions sur les cellules, ce qui est un mécanisme impliqué dans le cancer", indique-t-il dans Bourdin Direct. Et d'ajouter: "Toute utilisation qui va exposer une partie importante de la population, sachant la suspicion que l'on peut avoir, ne devrait pas être autorisée". Les industriels l'utilisent pourtant massivement : chaque année dans le monde, 8 millions de tonnes de cet additif sont disséminés dans nos produits de consommation.

Maxime Ricard avec Marie Regnier