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Appels des politiques à une baisse plus rapide des déficits

Jean-Louis Borloo et Manuel Valls appellent à une accélération de la réduction des déficits publics pour faire face à la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile

Jean-Louis Borloo et Manuel Valls appellent à une accélération de la réduction des déficits publics pour faire face à la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile - -

PARIS (Reuters) - Des responsables politiques français appellent à une accélération de la réduction des déficits publics pour faire face à la crise...

PARIS (Reuters) - Des responsables politiques français appellent à une accélération de la réduction des déficits publics pour faire face à la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis.

L'ancien ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a estimé que la France devait les ramener dès 2012 à 3% de son produit intérieur brut et le socialiste Manuel Valls a appelé le gouvernement à "prendre dès à présent" les mesures nécessaires au rétablissement des comptes publics.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux des grandes économies ont tenu des consultations d'urgence au cours du week-end pour tenter de rassurer les marchés après l'abaissement de la note de la dette américaine et les risques de propagation à l'Espagne et à l'Italie de la crise européenne.

La porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, Valérie Pécresse, a estimé que la France devait poursuivre sur la voie tracée, notamment en adoptant la "règle d'or" qui vise à inscrire l'obligation d'une discipline budgétaire dans la Constitution.

"Continuer à réduire les déficits et voter la règle d'or: encore plus une exigence maintenant", écrit-elle lundi sur twitter.

Le ministre de l'Economie François Baroin a réaffirmé de son côté que la France ne dévierait pas de la trajectoire de réduction des déficits publics sur laquelle elle est engagée, pour les ramener à 4,6% du PIB en 2012 puis 3% en 2013.

Dans une interview au Figaro, Jean-Louis Borloo a jugé le principe de la règle d'or "sain" et "nécessaire", pour ajouter : "mais je pense que la France doit, dès 2012, revenir à 3% de déficit au lieu des 4,6% prévus".

Le président du Parti radical estime en outre "indispensable" une "convocation urgente" des G8 et G20, actuellement présidés par la France, et demande d'associer "les parlements le plus tôt possible" aux réflexions face à la crise.

TEMPÊTE SUR LA FINANCE

Le député-maire d'Evry, Manuel Valls, a appelé de même le gouvernement à prendre dès à présent "toutes les mesures nécessaires au rétablissement de nos comptes publics."

Interrogé sur Europe 1, le candidat à la primaire socialiste pour la présidentielle a jugé que les initiatives du week-end, notamment l'annonce par la Banque centrale européenne qu'elle était prête à racheter des titres de dette espagnole ou italienne, allaient "dans le bon sens".

"Mais soyons prudents parce que nous avons face à nous une véritable tempête sur la planète finance", a-t-il ajouté, "chacun doit être amené à prendre ses responsabilités".

Il a déclaré qu'il n'était "pas hostile sur le principe" à la règle d'or que le Parti socialiste se refuse à voter en l'état, y voyant une opération politicienne de Nicolas Sarkozy.

Il a souligné qu'elle nécessitait "un très large rassemblement autour de l'esprit de responsabilité. "Il faut que majorité et l'opposition soient capables de se parler et il faut que le pouvoir fasse un certain nombre de compromis et écoute ce que l'opposition a à dire pour le retour à l'équilibre des finances publiques", a-t-il dit.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du "Front de gauche" à l'élection présidentielle, a proposé lundi de "soumettre les marchés au contrôle politique et à la volonté des parlements".

"Il faut sortir les Etats de leur dépendance financière obligée aux marchés en permettant à la BCE de leur prêter directement à un taux identique ou plus favorable que celui qu'elle accorde aux banques", écrit-il dans un communiqué.

Pour ce faire, le député européen prône des "solutions simples" : annuler partiellement ou intégralement la dette, récupérer les centaines de milliards d'euros partis en fumée sous forme d'exonération d'impôts pour les plus riches, taxer les revenus du capital à la même hauteur que ceux du travail et lutter sérieusement contre la fraude fiscale.

Gérard Bon et Yann le Guernigou, édité par Patrick Vignal

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