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Apprentissage de l'arabe: "On n'a pas besoin de ça en ce moment", estime Annie Genevard (LR)

Mercredi à l'Assemblée nationale la députée LR Annie Genevard a pris à partie la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem sur l'enseignement de la langue arabe, craignant "de réduire par la réforme du collège la place du Français, celle des langues anciennes qui sont nos racines".

Mercredi à l'Assemblée nationale, la députée Annie Genevard a interpellé la ministre de l'Education nationale sur l'apprentissage de l'arabe lors des traditionnelles questions au gouvernement. La députée reproche à la ministre "de réduire par la réforme du collège la place du Français, celle des langues anciennes qui sont nos racines". La maire de Morteau craint que cette introduction de langue communautaire mine la cohésion nationale.

"Je pense que personne ne peut nier que dans les communautés de langue arabe, il y a une tendance au repli sur soi, au communautarisme et je pense que c'est dangereux, juge-t-elle. La priorité doit être donnée au français et particulièrement chez les enfants d'origine étrangère qui souvent arrivent à l'école maternelle sans parler français. Il faut encourager ce qui est commun plutôt que ce qui clive. On n'a pas besoin de ça en ce moment".

La députée-maire s'interroge aussi sur les conditions de cet enseignement: "Les conditions dans lesquelles l'arabe va être enseigné pose question. Il va être enseigné par des professeurs étrangers désignés par leur pays d'origine et qui viendront enseigner dans les écoles françaises. C'est une langue comme les autres, elle doit être enseignée comme les autres par des professeurs recrutés et encadrés par l'éducation nationale et ça ne sera pas le cas, je trouve que c'est une première entaille qui singularise l'enseignement de la langue arabe".

 "Des valeurs conservatrices dans les mosquées"

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde (daté d'aujourd'hui), deux personnalités, Marwan Lahoud, directeur général délégué d'Airbus Group, et Hakim El Karoui, ancien conseiller à Matignon demandent justement de ramener la langue arabe au sein de l'école de la République. Ils s'étonnent que la République, "en n'assumant pas l'enseignement de l'arabe envoie ses enfants dans les mosquées". Et ils poursuivent, "c'est une drôle de conception du projet laïc et républicain".

"La radicalisation nait de plusieurs facteurs mais le premier d'entre eux c'est avant tout l'ignorance. La langue c'est un accès à la culture et il faut que cette transmission de la langue soit faite par des institutions publiques et pas par des institutions religieuses, argumentait Hakim El Karoui, sur RMC ce jeudi. Je n'ai rien contre les mosquées mais quand on apprend l'arabe dans une mosquée on l'apprend avec des manuels qui ne sont pas des manuels français, on apprend aussi en général des valeurs conservatrices".