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Après l'attaque à Levallois, l'inquiétude des proches de militaires: "C'est trop, on joue avec leurs vies"

Six militaires ont été blessés ce mercredi à Levallois-Perret dans une attaque à la voiture bélier. C'est la sixième fois que des soldats de Sentinelle sont visés par une attaque depuis 2015. Pour leurs familles, la situation n'est plus tenable.

Six militaires de l'opération Sentinelle ont été blessés ce mercredi à Levallois-Perret après avoir été renversés par une BMW noire. Un homme a été interpellé mercredi après-midi sur une autoroute dans le Pas-de-Calais.

C'est la cinquième fois depuis 2015 que des militaires de l'opération Sentinelle sont pris pour cible. Laetitia est femme d'un militaire qui est souvent en opération Sentinelle. Elle s'inquiète de plus en plus pour son mari. Il y a un mois, elle a même lancé un mouvement 'Femmes de militaires en colère' pour faire entendre les inquiétudes des proches de militaires.

"Ils sont là pour patrouiller. Moi je veux bien entendre que ça rassure la population, mais nous, ça ne nous rassure pas parce qu'on voit que ce sont eux qui sont pris pour cible de plus en plus souvent, c'est la sixième fois. Il y a eu six blessés d'un coup mais tous les jours il y a des incivilités, ils se font insulter, ils se font cracher dessus, ils se font bousculer. D'accord, ce sont des militaires, mais avant tout ce sont nos maris et les pères de nos enfants. Là maintenant c'est trop, on joue avec leurs vies. Soit il faut réformer Sentinelle et leur donner beaucoup plus de droits, ou arrêter Sentinelle et renforcer les équipes de police et de gendarmerie, qui eux, feront leur travail', juge-t-elle.

"C'est l'usure, c'est la lassitude"

Philippe, lui, a été gendarme pendant 30 ans et deux de ses proches font partie des troupes de l'opération Sentinelle. Dans les rangs, le moral est au plus bas: "Ils sont très fatigués, blasés. On ne va pas tourner autour du pot, ils font plus de 200 jours de Sentinelle par an".

Philippe assure que beaucoup de soldats de Sentinelle se posent la question de démissionner par démotivation: "Les soldats sont entraînés pour partir au combat. Ils n'étaient pas trop préparés quand il se sont engagés il y a 5-10 ans à faire des patrouilles de 4 à 6 heures par jour ou 4 heures la nuit avec 15 kilos sur le dos. C'est l'usure, c'est la lassitude".

L'opération Sentinelle, qui mobilise 7.000 soldats en permanence sur le territoire national, devrait être "revue en profondeur" à la rentrée, a annoncé en juillet le président Macron.

M.B et A.P. (avec P.B.)