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Arrestation d'Alexandre Chpryguine: "C'est une provocation"

Expulsé à la suite des violences en marge du match Russie-Angleterre la semaine dernière à Marseille, l'ultranationaliste russe Alexandre Chpryguine est revenu en France et a été interpellé lundi soir dans le stade de Toulouse, où a eu lieu le match Russie - Pays de Galles.

Ce supporter russe est décidément encombrant. Expulsé à la suite des violences en marge du match Russie-Angleterre la semaine dernière à Marseille, le hooligan Alexandre Chpryguine, président de l'association des supporters russes, est pourtant revenu en France. Il a été interpellé en marge du match Russie-Pays de Galles à Toulouse ce lundi soir après avoir publié des photos sur son compte Twitter qui le montrent, dans le stade, affublé d'un chapeau et de lunettes de soleil. "Mon visa Schengen n'a pas été annulé", a-t-il déclaré, "je suis au match avec un billet", assurant avoir "fait le chemin à travers les Alpes".

"N'importe qui peut revenir dans l'espace Schengen"

A son arrivée à Moscou samedi dernier, à peine expulsé de France, Alexandre Chpryguine avait indiqué son intention d'y revenir au plus vite. Il l'a donc fait au nez et à la barbe des autorités françaises avant d'être placé en garde à vue. Mais comment? Tout cela est dû en grande partie à la lenteur des procédures administratives. En effet, si cet ultranationaliste a bel et bien été expulsé de France samedi avec d'autres supporters, ce n'est que ce lundi que son visa a été abrogé. Il a donc sans problème pu rejoindre Toulouse dans la matinée, via l'Espagne, et plus précisément Barcelone.

Mais pour Bruno Beschizza, maire Les Républicains d'Aulnay-Sous-Bois et ancien officier de police, cette interpellation prouve qu'il y a des failles dans le système de sécurité. "Cet individu a été en capacité de revenir alors que nous sommes en état d'urgence, alors que les forces de sécurité sont sur le qui-vive, s'alarme-t-il sur RMC. On a aujourd'hui une menace terroriste et l'on s'aperçoit que n'importe qui peut revenir dans l'espace Schengen, qu'il y a des gros trous dans la raquette (sic), qu'il n'y a aucune mise en place d'un fichier ou d'une procédure de reconnaissance faciale".

"Compliqué d'avoir un œil sur tous les supporters à risque"

Pour lui, "cela veut dire que nos forces de sécurité n'ont peut-être pas les outils techniques nécessaires pour suivre ce genre d'individus, pour les déceler en amont". En revanche, pour Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, le retour en France d'Alexandre Chpryguine est surtout dû à la mauvaise volonté des autorités russes. Il parle même de "provocation". "On a dénoncé depuis quelques semaines le manque de collaboration de la police russe avec les autorités de l'UEFA et la police française, on a désormais un exemple", souligne-t-il.

Et d'insister: "Je pense que c'est la Russie qui, au départ de Russie, aurait dû signaler que cet individu revenait en France et que ce n'était sûrement pas pour venir participer à la manifestation de la CGT". "Après, s'il a acheté un billet et qu'il n'a pas été signalé par les policiers russes, encore sur place pour nous aider à intercepter les supporters, c'est compliqué pour les autorités françaises d'avoir un œil sur tous les supporters à risque".

M. Ricard avec J. Droz et J-W. Forquès