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Attentat à Charlie Hebdo: "ça n'a rien à voir avec l'islam"

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La condamnation de l'attentat contre Charlie Hebdo est unanime. La communauté musulmane est aussi consternée et craint les futurs amalgames entre islam et fondamentalisme.

"Il va être plus difficile d'être musulman dans notre pays", ce sont les mots d'Alain Jakubowizc le président de la Licra, mercredi quelques minutes après l'attaque terroriste dont était victime Charlie Hebdo. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a condamné avec la plus grande détermination un acte barbare.

A la Mosquée de Créteil, quelques heures après l'attaque à Charlie Hebdo, plusieurs dizaines de musulmans sont consternés, sous le choc, comme Hamed: "C'est invraisemblable un carnage de cet ampleur. Ça n'a rien à voir avec l'islam".

"Les gens ne vont pas faire la différence entre un musulman et un terroriste"

Passé la stupeur, vient la peur de l'amalgame, les musulmans vont rapidement être montré du doigt, c'est l'avis de Jalil: "Ça va salir. Les gens ne vont pas faire la différence entre un musulman et un terroriste". Mohamed lui est dans la pédagogie. Il condamne l'acte terroriste, et ne considère par les auteurs comme des musulmans: "Les gens qui connaissent l'islam savent que c'est Dieu qui règle les comptes. Il n'a jamais dit 'allez tuer les gens qui insultent le prophète.' Je dis aux jeunes 'allez apprendre votre religion'."

Des pratiquants qui n'ont qu'un souhait: que les tueurs soit considérés comme des fous, comme des terroristes, mais pas comme des musulmans.

"Les plus grandes victimes du terrorisme sont les musulmans. C'est une question d'être pointé du doigt et de faire avec, craint Diakité, musulman de 25 ans. Ça va se ressentir dans la vie de tous les jours. Est-ce qu'on va s'excuser tous les 4 matins parce qu'il y a un fou furieux qui a crié 'Allah Akbar' en tuant des gens? Non! C'est ridicule. A partir du moment où tu rentres dans un lieu pour tuer des gens, c'est que tu es fou, il n'y a pas de religion".

"Il faut rester dans un dialogue continu"

Moncef, fidèle de la mosquée de Créteil, est aussi très inquiet: "Toute la communauté musulmane condamne ce genre de geste (…). On est dépassés par les événements. Il y a une inquiétude d'un climat qui peut être pris par les extrêmes. Il faut passer au-delà des clivages et rester dans un dialogue continu pour éviter que les gens commencent à avoir ce sentiment de rejet et de peur".

Hassen Chalghoumi est l'imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), président de la Conférence des imams de France. Ils dénoncent les attentats qui ont eu lieu et appelle au calme: "J'espère que nos concitoyens français ne vont pas faire l'amalgame avec cette minorité. C'est une bande de terroristes qui veulent mettre la panique, la haine, faire monter les extrêmes. Ils ne vont pas réussir. Je rends hommage aux victimes, ce sont les martyrs de la liberté, ce sont les martyrs de l'humanité".

"Cela va alimenter l'islamophobie"

L’imam de la mosquée de Marseille, Haroun Derbal, condamne l’attentat et craint une réaction islamophobe: "Les gens qui n'ont pas le recul nécessaire pour analyser ce qui se passe, vont se dire que c'est au nom de l'islam. Ces barbares, ces abrutis vont être considérés comme musulmans, cela va alimenter l'islamophobie. Il va y a avoir une récupération politique et la communauté musulmane va être stigmatisée".

Mohammed est un fidèle, il fréquente la mosquée Al Isla à Marseille et refuse que cet attentat soit attribué à l’islam: "Pour moi, fidèle, soit ce ne sont pas des musulmans qui ont fait ça, soit ce sont des musulmans qui n'ont rien compris à l'islam. Il n'y a aucun verset, aucune parole du prophète qui dit que l'on doit tuer celui qui se moque du prophète. Nous sommes contre ça".