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Attentat à Tunis: "On était obligés de faire semblant d'être morts"

Dix-neuf personnes ont trouvé la mort hier au cours d'une attaque terroriste à Tunis

Dix-neuf personnes ont trouvé la mort hier au cours d'une attaque terroriste à Tunis - SALAH HABIBI / AFP

Témoignages RMC - Dix-sept touristes étrangers, dont deux Français, et deux Tunisiens ont été tués mercredi en plein Tunis dans une attaque menée par des hommes armés au musée du Bardo. Un couple de Français qui se trouvait sur place au moment des faits raconte.

L'attaque s'est déroulée ce mercredi peu avant 12h, à proximité du musée du Bardo, à Tunis. Au moins deux hommes armés de kalachnikovs et vêtus d'uniforme militaire surgissent sur le parking du musée. Ils prennent d'abord pour cible un car de touristes, après avoir abattu un vigile. Ensuite, les assaillants se dirigent vers le musée. Ils tirent de nouveau. Une centaine de touristes se trouvent dans le musée lorsque les coups de feu éclatent. Et le bilan est lourd, très lourd: dix-neuf personnes sont mortes, dont deux Français.

"On était dans une des salles en train de regarder les mosaïques quand, tout à coup, j'ai vu un homme, tout en noir et dont on ne voyait que les yeux. Il ne criait pas du tout… Aucun mot… C'étaient que des tirs au hasard", témoigne en exclusivité pour RMC, Maryline qui participait à une visite guidée du musée Bardo au moment des faits. Elle ajoute: "On s'est aplatis, on s'est mis à quatre pattes… Je me suis réfugiée derrière les gens et lui continuait à nous tirer dessus."

"On avait peur que le terroriste revienne"

Marilyne est consciente d'avoir échappé de peu à la mort. "A côté de moi, j'avais une personne avec un grand trou dans la tête. C'est peut-être cette personne qui m'a sauvé la vie car c'est elle qui a dû prendre les balles… A chaque détonation on avait le cœur qui palpitait à 100 à l'heure, on se disait que c'était notre derrière heure… On était obligé de faire semblant d'être mort, d'ailleurs moi-même, je me suis badigeonnée de sang pour éviter que l'on me prenne pour quelqu'un de vivant… On avait peur que le terroriste revienne."

Dans Bourdin Direct, Yvon, son mari, raconte aussi comment il a vécu cette terrible attaque. "J'ai couru et je me suis retrouvé dans un recoin. Et là j'ai senti quelque chose sur mon pied et en fait j'avais été touché. Il y avait deux femmes sur moi… Elles avaient les jambes perforées… Elles perdaient du sang. Je leur ai dit de ne pas bouger parce que quand on voit les balles passées sous ses pattes on se dit que s'ils reviennent, ils nous tuent".

"J'ai cru que j'allais y passer"

Etonnamment lucide dans cette situation, Yvon poursuit: "Ils avaient tué tout le monde et ils voulaient tuer d'autres gens évidemment. J'ai enlevé mes lunettes comme si elles étaient tombées et je me suis mis plein de sang sur le corps comme si on m'avait tué… J'ai cru que j'allais y passer".

Cyril était lui aussi dans le musée Bardo au moment de l'assaut. "On a entendu des coups de feu et au début je croyais qu'il s'agissait de pétards. Mais ces coups de feu se sont rapprochés, puis de plus en plus proche du bâtiment. Cela faisait un bruit vraiment énorme, des armes de guerre… On est resté trente à quarante minutes sans faire de bruit avant que les agents spéciaux viennent nous délivrer. On a donc tous couru vers nos bus tout en chevauchant des corps. J'ai vu un corps d'une personne jeune sur ma gauche qui baignait dans son sang. C'est assez terrible. J'ai bien conscience d'avoir échappé à un terrible drame".

M.Ricard avec G.Chièze et M.Regnier