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Attentat en Thaïlande: "un lieu symbolique et emblématique"

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La police thaïlandaise recherchait mardi un "suspect" après l'attentat à la bombe dévastateur qui a fait lundi à Bangkok 20 morts, majoritairement des étrangers, et qualifié par le chef de la junte au pouvoir de "pire attaque jamais" commise en Thaïlande.Votre chapo ici

Une bombe a explosé hier lundi à 18h30 heure locale, dans le centre touristique de la capitale de la Thaïlande. Le bilan provisoire est de 20 morts et 120 blessés.

La bombe, de la TNT dissimulée dans une moto, a explosé devant le temple hindouiste d'Erawan, juste en face de l'un des plus grands centre commerciaux du pays. L'explosion a dévasté toute une artère du centre-ville, à une heure où de nombreux touristes et fidèles se pressent dans ce sanctuaire à ciel ouvert.

"On a cru qu'il y avait un orage"

Raphaëlle, une Française de 28 ans était dans un hôtel à quelques mètres de l'attentat: "On voulait en profiter pour faire du shopping. J'étais dans la douche mais mon amie a entendu le bruit. Elle a cru qu'il y avait un orage. On est sortis et là on a vu la scène. On ne se sent pas bien, parce qu'à 20 minutes près, on aurait été sur les lieux au moment de l'attentat".

Pour le ministre de la Défense thaïlandais, "les gens qui ont fait ça visaient les étrangers pour porter atteinte au tourisme et à l'économie. Le tourisme est un secteur primordial puisqu'il représente 11% du PIB du pays.

Pour Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse au département Centre-Asie de l'Institut français de Recherches internationales (IFRI), le choix de la localisation de cet attentat est inédit et envoie un message fort au gouvernement thaïlandais: "C'est non seulement symbolique mais c'est aussi emblématique. C'est un espace qui superpose à la fois une identité thaïlandaise très ancrée dans l'hindouisme et le bouddhisme et également la modernité avec ses centres commerciaux, le métro. On ne comprend pas comment une telle violence a pu être perpétrée au cœur de Bangkok alors que les Thaïlandais sont connus pour leur pacifisme et leur modération".

L'attentat n'est toujours pas revendiqué

Pour l'instant l'attentat n'a toujours pas été revendiqué. David Camroux, spécialiste de l'Asie du Sud Est et chercheur au CERI (Centre de recherches internationales de Sciences Po) émet plusieurs hypothèses: "Ceux qui ont les capacités de faire une bombe de cette ampleur, ce sont les séparatistes musulmans dans le sud du pays. Jusqu'à maintenant ils n'avaient jamais fait d'attentat ailleurs que dans le sud de la Thaïlande. L'autre hypothèse c'est que ce soient les chemises rouges, les supporters de l'ancien premier ministre qui a été renversé par un coup d'état en 2006 pour faire sombrer l'économie thaïlandaise".

La Thaïlande est confrontée à une insurrection islamiste qui opère essentiellement dans le sud. Le pays, dirigé par une junte militaire depuis mai 2014, est aussi en proie à de violentes rivalités entre factions politiques depuis une dizaine d'années.