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Attentat: "Il fallait les défendre même s'ils étaient morts", se remémore un héros de Nice

Un mois après l'attentat de Nice qui a fait 85 morts sur la promenade des Anglais, policiers et civils intervenus pour secourir et sécuriser les lieux vont être récompensés. RMC a rencontré deux d'entre eux.

Les héros de Nice bientôt récompensés. Le Président de la République François Hollande a affirmé vouloir récompenser leur mérite, dans un courrier adressé au député LR Eric Ciotti qui avait sollicité le Président pour qu'il attribue ces récompenses. "La nation leur marquera sa reconnaissance au travers des différentes distinctions créées pour cela", a précisé François Hollande.

Après l'attentat terroriste qui a fait 85 morts sur la promenade des Anglais, Eric Ciotti avait écrit à François Hollande pour souligner la bravoure de policiers et civils présents sur place. Il avait formé le voeu qu'ils soient nommés dans les ordres de la Légion d'honneur et du Mérite national.

Veiller les morts, protéger les vivants

Parmi les citoyens qui ont agi en héros lors de cette nuit tragique, il y a ceux qui ont tenté d'arrêter le camion, mais il y a également ceux qui sont restés sur la promenade des Anglais, incapable de déserter. Jusqu'au petit matin, ils ont tenté de ramener à la vie les derniers souffles, veiller les morts et protéger les vivants.

RMC a rencontré Daniel Ziegler, 73 ans, et sa femme Nadia Mercier, 71 ans, tous deux membres de l'Union Nationale des parachutistes. Après la course folle du camion, au lieu de fuir, ils sont restés pour tenter de ramener à la vie les derniers souffles, veiller les morts et chasser les pilleurs.

Daniel se souvient de ceux qui ont tenté de voler les victimes après le drame: "Il était à 4-5 autour à filmer avec des portables. Des voyous, des vautours qui soulevaient avec le pied pour voir s'ils pouvaient prendre une bague ou une montre. Ils tenaient la poupée d'une petite fille et ils sont partis avec. Je leur ai couru après et je leur ai dit de la lâcher. Ma femme a repris la poupée et l'a mise sur la couverture de la petite fille. Il fallait les défendre, même s'ils étaient morts. C'est une horreur, ça m'a mis en colère, c'est injuste de faire ça, ils n'ont pas de cœur ces gens-là".

"Recouvrir les corps pour qu'ils gardent leur dignité"

Nadia, elle, est toujours hantée par le drame: "Dans la nuit le rêve que je fais toujours, c'est que je pousse le camion pour ne pas qu'il passe. Je veux absolument arrêter le camion et ça me réveille d'un seul coup".

Le 14 juillet, elle a fait ce qu'elle a pu: "Quand on a vu le carnage, on s'est dit qu'on allait pouvoir faire qu'une seule chose: s'occuper des corps, les recouvrir pour qu'ils gardent leur dignité. Les deux seules personnes qui étaient là vivantes, on a essayé d'atténuer un peu la douleur avec des gestes tendres pour les réconforter. Il y avait un papa qui serrait dans ses bras jusqu'à ce qu'il décède. Il y avait un monsieur polonais qui hurlait "il n'y a pas de secours, ma femme!" J'ai toujours la photo de sa petite femme dans mon porte-monnaie. Je l'ai découpée dans le journal, elle ne me quitte pas".

P.B. avec Elodie Messager à Nice