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Attentats: "Ce que pourrait être la garde nationale"

Après les attentats de Paris, François Hollande a annoncé la future création d'une garde nationale composée des réservistes de la défense nationale. Pierre Servent, colonel de réserve, s'est prononcé ce mardi sur RMC pour un service civico-militaire pour tous les jeunes français.

C'est une des mesures annoncées par François Hollande lundi, lors du congrès de Versailles, après les attentats de Paris : la création d'une garde nationale formée de réservistes de la défense nationale. S'il n'est pas rentré dans les détails, il a expliqué que les réservistes constituaient "un gisement insuffisamment exploité".

La réserve de la défense nationale, kézako ? Aujourd'hui la réserve regroupe 50.000 hommes et femmes, principalement des anciens militaires, gendarmes, policier ou bien de simples citoyens - professeurs, commerciaux, hauts fonctionnaires, garagistes, journalistes, cadres d'entreprise… - qui ont décidé de faire une formation militaire courte. Ils sont utilisés pour les missions Vigipirate mais également dans les centres de commandement de l’armée. Chacun signe un contrat de 5 ans reconductible, et en moyenne un réserviste donne 25 jours par an à l’armée, sur son temps de travail ou de repos (vacances, RTT). Tout comme un militaire, le réserviste reçoit un salaire lorsqu'il est appelé, et il peut même bénéficier de l’avancement. Chaque citoyen peut devenir réserviste, à l'issue d'un cursus de sélection et d'une formation.

"Un service civico-militaire pour comprendre ce qu'est la défense"

Si l'on n'en sait pas plus sur la garde nationale imaginée par François Hollande, l'idée, proposée à l'origine par Jean-Christophe Lagarde (UDI) et François Bayrou (Modem), séduit Pierre Servent, colonel de réserve, invité ce mardi de Jean-Jacques Bourdin. "L'idée nouvelle, que je défends et que le chef d'état-major des armées aussi, c'est d'institutionnaliser cette réserve de la défense nationale. L'idée de la garde nationale, c'est de territorialiser pour assurer une proximité entre le lieu où vous vivez et votre lieu d'emploi militaire", explique-t-il.

Lui a une idée précise de ce que pourrait être cette garde nationale. "Je propose de recréer un service civico-militaire de six mois pour les garçons et les filles. Je pense que tous les jeunes français et françaises doivent suivre une formation militaire de 3 - 4 semaines et d'initiation pour comprendre ce qu'est aujourd'hui l'armée et la défense. Et les volontaires pourront faire 6 mois de formation entièrement militaire pour aller après dans la garde nationale, car il faut des gens formés pour être déployés dès qu'il y a des attentats ou des catastrophes".

"Prendre exemple sur les pompiers volontaires"

Le colonel réserviste prend pour modèle la mission des pompiers volontaires. "Ils reçoivent sur leur téléphone un SMS s'il y a un accident grave ou un incendie, ils quittent leur boulot, passe chez eux mettre la tenue de pompier avant de partir à la caserne, pour ensuite se rendre sur le lieu de la catastrophe. La garde nationale, selon moi, devra avoir la même réactivité, la même mobilité pour pouvoir couvrir l'ensemble du territoire".

Selon Philippe Servent, la garde nationale devra "mailler le territoire". "Il y a aujourd'hui des déserts militaires. En 1995 il y avait 200 régiments de l'armée de terre, aujourd'hui il n'y en a que 90". Les missions de la garde nationale pourraient être variées : action humanitaire, assistance en cas de catastrophes, protection des points sensibles, permettant ainsi de dégager du temps pour les policiers et gendarmes qui seraient affectés à d'autres missions de protection et d'enquête.

Philippe Gril avec JJ. Bourdin