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Attentats, Charlie Hebdo: "Les banlieues entre révolte et déni"

Gilles Leproust, secrétaire général de l’association Ville et banlieue, appelle ce mardi sur RMC à une attention accrue des pouvoirs publics envers les banlieues "pour que les jeunes des quartiers puissent être aux avant-postes de la génération Charlie".

Les banlieues "sont sur le fil". Une semaine après les attentats contre Charlie Hebdo, les maires de 120 communes, réunies sous la bannière de l'association Ville et banlieue, tirent la sonnette d'alarme. Les élus de l'association ont été reçus mardi par la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, Myriam El-Khomri, pour évoquer la situation des quartiers sensibles et de ses habitants après les tragiques événements de la semaine passée.

"Les banlieues ont également participé aux marches"

Les habitants des quartiers en difficulté oscillent "entre révolte et déni", explique Gilles Leproust, secrétaire général de l’association Ville et banlieue, ce mercredi chez Jean-Jacques Bourdin. "Les banlieues ont également participé aux marches pour manifester leur horreur, rappelle-t-il. Mais il y a tellement de souffrances que certains peuvent justifier ce qui s'est passé, d'autres montrent un racisme parfois exacerbé". Gilles Leproust, maire d'Allones dans la Sarthe, assure qu'"on a besoin dans nos quartiers de répondre aux attentes sociales - le chômage, la mal vie-, mais également renforcer tout ce qui peut faire du vivre ensemble: l'éducation, la culture, le remarquable travail des associations".

"Éviter que la situation se dégrade"

"On demande que les habitants soient écoutés, poursuit Gilles Leproust sur RMC. On parle beaucoup de République mais elle ne doit pas être virtuelle, il faut qu'elle soit un fait dans tous les territoires. Les droits au travail, à l'éducation, le droit à des revenus décents pour vivre sont des choses qu'il faut accélérer pour éviter que la situation ne se dégrade".

Pour l'élu, les banlieues doivent bénéficier d'une attention accrue "pour que les jeunes de banlieue puissent être aux avant-postes de la génération Charlie". "Quand on laisse une jeunesse au chômage à plus de 40, 50 ou 60% pour la tranche 18-25 ans, on ne peut pas dire que la République joue son rôle dans les quartiers. N'attendons pas, la situation est suffisamment grave pour que des mesures soient prises très rapidement, notamment en matière d'emploi", implore-t-il.


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P. Gril avec JJ. Bourdin