RMC

Attentats de Paris: peur dans les transports parisiens, record de bouchons sur les routes

Le quai de la station Saint-Lazare, sur la ligne 14 du métro parisien. (Photo d'illustration)

Le quai de la station Saint-Lazare, sur la ligne 14 du métro parisien. (Photo d'illustration) - François Guillot - AFP

Le Stif, qui gère les transports parisiens, a annoncé ce mardi des mesures de sécurité exceptionnelles après les attentats de vendredi soir. Les usagers rencontrés par RMC font part de leurs inquiétudes. Conséquence des attentats ou simple hasard, il n'y a jamais eu autant de bouchons en Ile-de-France que ce mardi.

Est-ce la peur de prendre les transports en commun quatre jours après les attentats qui ont ensanglanté Paris ? Est-ce le mauvais temps qui est revenu sur la région ? Ou les deux ? Reste que l'Ile-de-France n'avait jamais connu un tel pic de bouchons avant ce mardi. Bison Futé a comptabilisé 521km de bouchons cumulés à 09h. "Habituellement, nous avons 240 km de bouchons, aujourd'hui, près de 530 à 09h, c'est particulièrement élevé", a précisé un porte-parole du Centre d'informations routières, ajoutant qu'il n'y avait "pas de fermeture d'axe, pas de gros accident, que des accrochages habituels".

Pour Fabrice Michel, responsable communication de la fédération d'usagers des transports Fnaut, "il y a sans doute un effet dû aux attentats". "Les événements de vendredi ont forcément eu un impact sur la fréquentation des transports".

"Tous les colis suspects, ça ne rassure pas"

La RATP, en charge du réseau de transports parisiens, n'était pas en mesure de donner un chiffre de fréquentation mardi matin. Mais une chose est sûre, c'est que ceux qui empruntent les transports depuis les attentats ne sont pas rassurés. RMC a pu le constater en interrogeant des usagers. D'autant que depuis vendredi soir, les alertes au colis suspect se multiplient dans les couloirs du métro et du RER. Maryse, 32 ans, en a déjà entendu plusieurs sur son trajet. "Il y en avait une Gare de Lyon, et une encore sur la ligne 14 à Saint-Lazare. Quand on entend tous les colis suspects, ça ne rassure pas". Dès qu'il entend ces messages, malgré l'habitude, Anis pense immédiatement à une bombe. "Ça peut arriver à n'importe quel moment. Ça me choque, ça me fait peur".

Au contraire, ces signalements de la RATP rassurent Charlène, parisienne de 24 ans. Pour elle, c'est une preuve que la sécurité fonctionne. "Il vaut mieux que l'on perde cinq minutes pour qu'au final ce soit vraiment sécurisé". Si elle affirme ne pas avoir vu de militaires sur son trajet ce matin, elle a pu se rendre compte que le comportement des voyageurs avait changé. "Les gens sont beaucoup plus attentifs, notamment aux colis suspects. S'il y a quelque chose de louche, on ne laisse pas passer".

"1.000 militaires supplémentaires"

La RATP non plus ne veut rien laisser passer. La sécurité a été renforcée dès ce week-end, et elle va encore l'être ces prochains jours. Le conseil d'administration du Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France) a tenu une réunion exceptionnelle ce mardi matin, avec autour de la table Jean-Paul Huchon, président du STIF, le préfet de police, la directrice de la RATP et le directeur de la SNCF, pour prendre de nouvelles mesures de sécurité.

"Il va y avoir déploiement d'unités supplémentaires rapatriées de province pour renforcer les équipes en Ile-de-France, explique sur RMC Pierre Serne, vice-président du Stif. 1.000 militaires supplémentaires sont en cours de déploiement pour épauler les 3.000 déjà présents. C'est un déploiement absolument massif sur Paris".

"La sécurité est à son niveau humain maximum"

De fait, "la sécurité est à son niveau humain maximum", a souligné Jean-Paul Huchon. "Dès samedi", quelques heures après les attentats, "la préfecture de police a mis en œuvre un doublement des effectifs en tenue, passant de 300 à 600 agents", rappelle-t-il. Et à ces agents de la force publique s'additionnent les effectifs des services de la police ferroviaire de la SNCF, la Suge (1.200 personnes), et de sécurité de la RATP, le GPSR (1.000 personnes). Le Stif promet qu'à tout moment, il y aura plus de 1.000 personnes dévouées à la sécurité sur le terrain.

P. Gril avec A. Bouitcha et AFP